FIJM 2026 | Entretien avec Kalia Vandever, nouvelle voix du trombone

Entrevue réalisée par Frédéric Cardin
Genres et styles : jazz contemporain

renseignements supplémentaires

Kalia Vandever est tromboniste. Iel en est à une première prestation au Festival international de Jazz de Montréal. On en a profité pour parler avec l’artiste, titulaire d’un prix Grammy et de critiques élogieuses depuis son premier album paru en 2019. 

PanM360 : Pour ceux et celles qui ne vous connaissent pas, parlez-nous de votre parcours musical

Kalia Vandever : J’ai commencé à jouer le trombone quand j’avais 8 ans. Mon père écoutait beaucoup de musique jazz à la maison. Entre autres un CD de la famille Marsalis. J’ai adoré Delfeayo, le tromboniste du clan, vous le devinez. J’avais aussi joué du piano avant cela. Mais quand j’ai entendu le trombone, j’ai dit à mon père que je voulais jouer de cet instrument, sans savoir à quoi ça ressemblait. Mes parents m’ont acheté un trombone, et je n’ai même pas pu atteindre la dernière position de jeu, parce que mes bras étaient trop courts! J’ai commencé mestudes avec le trombone classique  pour bien apprendre les fondements du jeu et de la technique. Assez rapidement, j’ai commencé à improviser. Je suis allée dans une école à Los Angeles et j’ai étudié avec Walter Smith III.

PanM360 : Qu’est-ce qui vous influence le plus dans votre écriture?

Kalia Vandever : L’improvisation, assurément. Mais je suis aussi très influencée par la mélodie et par la voix. J’ai toujours écouté beaucoup de chanteuses, depuis que j’étais jeune, surtout Ella Fitzgerald, Sarah Vaughan, pour en nommer quelques-unes. Mon approche au trombone est très lyrique et vocale.

PanM360 : Je perçois également ce déploiement de la voix du trombone dans votre musique. L’instrument tient une place importante, étant donné cette qualité chantante.

Kalia Vandever : J’aime que la musique soit faite d’un seul son cohérent. C’est peut-être ce qui donne cette impression. Je veux aussi que tout le monde dans le groupe se sente libre en se soutenant les uns les autres, même si quelqu’un joue en solo. En général, je ne veux pas avoir une approche standard pour un quartet, où c’est la mélodie, la solo, la mélodie. Certaines pièces ont ce format, mais en général, je veux qu’il y ait un son collectif.

PanM360 : Vous menez deux projets en parallèle, le solo et le quartet…

Kalia Vandever : j’ai toujours été intéressée à la performance solo, mais c’est quelque chose que j’ai appris plus tard, je crois parce que j’avais peut-être peur d’utiliser l’électronique pendant un certain temps. Je pense que pour le premier album en solo (We Fell In Turn), j’avais seulement joué solo pendant environ un an avant de le faire. Des gens de AKP à Los Angeles m’ont entendu faire un live pendant la pandémie. J’improvisais principalement avec des pédales, je me layerais et j’explorais ce monde sonore. Ils m’ont entendu et ils m’ont demandé si j’avais pensé à enregistrer ce matériel (non, je n’y avais pas pensé). Ils m’ont soutenue en faisant ça, alors je suis allée à la maison de mon ami à New York, il est un très bon ingénieur, il s’appelle Liam Edmond, et on a installé des microphones, et j’ai enregistré l’album. C’est un espace sonore plutôt méditatif. Je pense que les gens le trouvent très relaxant. J’évoque aussi mon héritage hawaïen dans ma musique en solo. Beaucoup du travail que j’ai fait ces dernières années a été solo, et c’est ce qui m’a aussi conduite à enregistrer l’album qui vient d’être sorti, qui s’appelle Mana et qui est en quatuor.  C’est agréable de voir comment le solo et le quatuor s’influencent dans ce dernier.

PanM360 : Vous aimez les longues lignes, chantantes, patientes. Cela est lié à un trait de votre caractère?

Kalia Vandever : Oui, je me concentre plus sur l’intention et la patience. Je pense que je me sens le plus ‘’grounded’’ quand je joue de cette façon.  Je pense généralement à l’arc d’un solo ou d’un ensemble et moins à la courte durée d’un solo. Cela dit, la patience avec laquelle je joue est surtout liée à la concentration sur la tonalité et l’intention derrière la mélodie plutôt que de jouer très lentement pour le principe.

PanM360 : C’est en effet un album très chill, très reposant, presque ambiant. Quels sont vos modèles?

Kalia Vandever : Mon tromboniste préféré est J.J. Johnson. C’est le premier tromboniste que j’ai transcrit quand j’étais à l’école. J’ai été influencée par lui, mais également par Melba Liston et Slide Hampton. Je les écoutais beaucoup, et je les écoute encore aujourd’hui.

PanM360 : Parlez-moi de la contribution de vos partenaires, particulièrement mary Halvorsen. Elle crée des sonorités tellement originales! J’ai lu une critique qui parlait de son jeu ‘’élastique’’. Un terme approprié.

Kalia Vandever : Avant de lui demander de jouer avec moi, je connaissais la réputation et la musique de Mary depuis un certain temps. Je suis allée avec elle dans un programme que j’ai fait il y a des années appelé Next Jazz Legacy. J’ai pu jouer sa musique avec elle et on a joué quelques concerts ensemble. Quand j’ai commencé à écrire la musique sur Another View, je l’avais en tête et je ne savais pas si elle serait disponible parce qu’elle était très occupée. J’ai demandé et elle était excitée d’en faire partie. C’est naturel qu’elle soit partie de ce projet car je l’entendais en écrivant la musique.

PanM360 : Merci

Tout le contenu 360

Domaine Forget 2026 | Concert final aux accents de fleurs et de couronnes

Domaine Forget 2026 | Concert final aux accents de fleurs et de couronnes

Orientalys 2026 | La fièvre Bollywood du samedi soir

Orientalys 2026 | La fièvre Bollywood du samedi soir

Découvrez Le Qafila : groupe de pop, fusion soufie, bhangra indienne à Montréal

Découvrez Le Qafila : groupe de pop, fusion soufie, bhangra indienne à Montréal

Orientalys 2026 | Nuit blanche kabyle, « traversée sensible de la mémoire »

Orientalys 2026 | Nuit blanche kabyle, « traversée sensible de la mémoire »

Domaine Forget 2026 | Vienne immortelle et classique : dialogues entre Haydn, Beethoven, Mozart…et Labadie

Domaine Forget 2026 | Vienne immortelle et classique : dialogues entre Haydn, Beethoven, Mozart…et Labadie

Orientalys 2026 | Rakcha Band, jazz-funk-fusion de Tunisie transplanté à MTL

Orientalys 2026 | Rakcha Band, jazz-funk-fusion de Tunisie transplanté à MTL

Orientalys 2026 | DJ Mina, du chant sacré au DJisme oriental !

Orientalys 2026 | DJ Mina, du chant sacré au DJisme oriental !

Orientalys 2026 | Du 13 au 16 août, les meilleures prises du festival!

Orientalys 2026 | Du 13 au 16 août, les meilleures prises du festival!

Présence autochtone | En attendant la (vraie) Grande Paix de MTL, Forestare, Joséphine Bacon, Richard Desjardins et tant d’autres sur scène

Présence autochtone | En attendant la (vraie) Grande Paix de MTL, Forestare, Joséphine Bacon, Richard Desjardins et tant d’autres sur scène

Orientalys 2026 | Qi Shen et Jasmine Xu, un duo erhu/piano, mère/fille, à découvrir

Orientalys 2026 | Qi Shen et Jasmine Xu, un duo erhu/piano, mère/fille, à découvrir

Présence autochtone | Leonard Sumner, une autre perspective

Présence autochtone | Leonard Sumner, une autre perspective

Orientalys 2026 | Alex Iskandar : porteur de traditions de l’Asie centrale à Montréal

Orientalys 2026 | Alex Iskandar : porteur de traditions de l’Asie centrale à Montréal

Domaine Forget 2026 | Marc Hervieux chante 35 ans de carrière

Domaine Forget 2026 | Marc Hervieux chante 35 ans de carrière

Présence autochtone I Rei: décoloniser par le rap maori, procurer du bonheur

Présence autochtone I Rei: décoloniser par le rap maori, procurer du bonheur

Concerts aux Îles du Bic | Robin Servant : la musique comme lieu de rencontre

Concerts aux Îles du Bic | Robin Servant : la musique comme lieu de rencontre

Domesicle Series: The Story of Sister Zo

Domesicle Series: The Story of Sister Zo

Domaine Forget 2026 | Bach éternel et éternelles passions avec Rachel Barton Pine

Domaine Forget 2026 | Bach éternel et éternelles passions avec Rachel Barton Pine

Élan de cordes dans les parcs de Montréal avec Andrei Feher et l’Orchestre classique de Montréal

Élan de cordes dans les parcs de Montréal avec Andrei Feher et l’Orchestre classique de Montréal

Présence autochtone 2026 | La programmation avec André Dudemaine

Présence autochtone 2026 | La programmation avec André Dudemaine

Concerts aux Îles du Bic | Samaqani Cocahq fait revivre les traditions wolastoq

Concerts aux Îles du Bic | Samaqani Cocahq fait revivre les traditions wolastoq

Concerts aux Îles du Bic | Pierre-Luc Lecours et l’Ensemble Modulaire : entre le son, l’image et l’instant 

Concerts aux Îles du Bic | Pierre-Luc Lecours et l’Ensemble Modulaire : entre le son, l’image et l’instant 

Concerts aux Îles du Bic | Andrea Stewart : « On est toujours en création »

Concerts aux Îles du Bic | Andrea Stewart : « On est toujours en création »

Concerts aux Îles du Bic | Chloé Dumoulin ose une nouvelle lecture de Chopin

Concerts aux Îles du Bic | Chloé Dumoulin ose une nouvelle lecture de Chopin

Lanaudière 2026 | Saskia Giorgini : le piano italien

Lanaudière 2026 | Saskia Giorgini : le piano italien

Inscrivez-vous à l'infolettre

Inscription
Infolettre

« * » indique les champs nécessaires

Type d'abonné