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À l’Occasion de Québec Musiques Parallèles 2026, et en collaboration avec Le Vivier et Arts in the Margins, le Quatuor Bozzini jouera trois quatuors à cordes de l’iconoclaste afro-états-unien George Lewis. Le monsieur, on l’a connu et surtout entendu aux côtés de figures emblématiques du jazz d’avant-garde, tels Anthony Braxton, Steve Lacy, Roscoe Mitchell, Wadada Leo Smith, Muhal Richard Abrams, et plein d’autres. Tromboniste en tant qu’interprète, il est aussi un compositeur qui traverse aisément la frontière entre improvisation et musique savante contemporaine (écrite). À l’occasion de ce concert qui aura lieu le 2 octobre en présence de Lewis lui-même, j’ai parlé de cette musique avec Alissa Cheung du Quatuor Bozzini.
PanM360 : Pourquoi avez-vous choisi de monter un concert complet sur la musique pour quatuor à cordes de George Lewis?
Nous avons toujours voulu faire un projet avec tous ses quatuors. Nous avons fait la connaissance de George Lewis en 2012, lorsque nous avons joué son oeuvre Artificial Life à Montréal. Au fil des ans, et de différentes rencontres dans plusieurs festivals, à Huddersfield, à Witten, en Allemagne où on jouait dans le même festival, on est devenu de plus en plus proches avec le temps. Et encore dernièrement à Bang on a Can à Brooklyn.
Il est venu à notre concert sur Eliane Radigue. Nous travaillons avec lui sur ce projet des quatuors depuis plusieurs années, il nous a accompagné dans les répétitions et nous avons contribuer à une réédition des quatuors chez Peters. Et puis bientôt, on va les enregistrer dans un album portrait. Pour toutes ces raisons, le concert présenté le 2 octobre nous semble parfaitement approprié.
PanM360 : Ses quatuors sont numérotés en décimales (1.5, 2.5, etc.). Pourquoi?
Alissa Cheung : Il considère son premier essai en la matière, Signifying Riffs (1998), comme un ‘’demi quatuor’’. Du coup, les suivants doivent poursuivre avec une décimale…
PanM360 : À quoi ressemble sa musique? Comment la décririez-vous?
Alissa Cheung : Je vais dire très expérimental et avant-garde. Il y a beaucoup de textures, il y a beaucoup de matériaux qui sont éclatés. Ça semble déjanté, mais les matériaux reviennent dans des cycles. Il y a une mémoire de ce matériel et de ces textures. George dit que pour l’auditeur, c’est comme un travail d’improvisation, parce qu’il faut reconstruire le narratif. Juste dans la manière d’écouter, c’est très actif. Il y a des passages qui sont peut-être inusités pour quelqu’un qui écoute habituellement la musique classique plus traditionnelle. Il y a beaucoup de textures, des ricochets, des « scratches », et pas mal de techniques étendues (disons inhabituelles sur l’instrument). Il y a aussi beaucoup de glissandos. George est souvent inspiré par le thérémine. Finalement, il est aussi très inspiré par la musique folklorique coréenne. Georges est tellement intelligent et tellement curieux que sa musique est hyper colorée.
Par exemple, ça me fait penser à son Quatuor no 2.5, intitulé Playing With Seeds. George s’est inspiré par des fermiers et des fermières de Sierra Leone où ils expérimentent la pollination croisée de graines pour leurs moissons. C’est ce croisement d’essences qui est au cœur de sa composition.
PanM360 : C’est une musique qui exige toute l’attention de l’auditeur-ice. Mais qu’en est-il des interprètes? J’imagine que ça vous demande aussi beaucoup de concentration?
Alissa Cheung : Oui, il faut travailler très fort pour tout mettre en place, tous les détails. Mais c’est vraiment excitant de le jouer parce qu’il y a des changements de tempo sans arrêt, il y a des changements matériels, et plein d’éléments excitants. J’espère que le public va ressentir cette énergie, cette imagination de George. En plus, après le concert, on aura une causerie animée par Julie Richard.
Ce sera une occasion en or d’entendre George Lewis parler de sa musique et aussi peut-être lui poser des questions. Il faut en profiter. C’est rare qu’on peut avoir devant soi un créateur vivant de cet ordre.























