Dans la continuité de ses concerts de rodage en vue de leur tournée européenne, l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM) et leur chef Rafael Payare, présentaient vendredi soir Une vie de héros de Richard Strauss et le cycle Les nuits d’été d’Hector Berlioz, avec nulle autre que Marie-Nicole Lemieux.
Il y a eu d’excellents moments dans le poème symphonique de Strauss, à commencer par les différents jeux des solistes. Andrew Wan, premier violon, a livré deux magnifiques solos, captivants, envoûtants, frôlant la diabolisation. Catherine Turner (et sa bande de cors) a joué avec brio la monstrueuse partition qui se trouvait devant eux, exploitant puissance et sonorité riche dans l’entièreté de leur registre. Le cor anglais n’a pas volé son moment non plus.
Les deux premiers mouvements de l’œuvre ont été les plus réussis. Le premier, par sa vivacité et son dynamisme et le second par la précision des bois, au caractère espiègle. Pour le reste, certains moments tombaient malheureusement à plat, principalement par manque de raffinement. Il y avait parfois simplement trop de bruit, surtout dans le combat du héros. C’est un mouvement dense, mais il y du dosage à parfaire. Par exemple, les pauvres trombonistes, habituellement très sonores, étaient souvent couverts, malgré qu’ont les voyaient s’époumoner sur les écrans géants.
C’est définitivement avant l’entracte qu’on a vécu les plus beaux moments. Marie-Nicole Lemieux, avec sa riche voix de contralto (NDLR : bien qu’il soit indiqué dans le programme qu’il s’agit d’une mezzo-soprano Festival écrit partout qu’elle est une mezzo-soprano, mais vérification faite, son site web officiel la présente bien comme contralto) ne fait pas que chanter; elle livre une histoire et en vit les émotions. Après quelques pianos trop peu audibles dans Villanelle, rapidement corrigés, nous avons eu droit à de très beaux moments dans Le spectre de la rose, où sa tessiture ne posait plus de questions. Ses graves ressortaient sans effort et nourrissaient une prononciation extrêmement précise. Tout en restant dans l’intimité, elle nous absorbait peu à peu par son jeu vocal et théâtral, sans surjouer, au point d’en oublier presque qu’il y avait un orchestre derrière, aussi discret soit-il.
L’Isle joyeuse de Claude Debussy, joliment orchestrée par Bernardino Molinari, a constitué un excellent prélude aux Nuits d’été par sa légèreté et son côté méditerranéen.
crédits photo : Gabriel Fournier























