QMP 2026 | Hugo Blouin, le trésor du palais

Entrevue réalisée par Frédéric Cardin

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À travers une série de projets d’enregistrement et de concerts, le contrebassiste Hugo Blouin poursuit son exploration de la musicalité issue du langage parlé, suivant ainsi les traces de René Lussier (Le Trésor de la Langue) et de Steve Reich (Different Trains) à la fin des années 1980. Quatre décennies plus tard, après avoir exploré la politique, la corruption ou encore le hockey, il se tourne vers l’univers culinaire. Un recueil de recettes transformées en musique, ainsi que d’autres sujets de conversation issus d’une soirée entre amis : discussions sur l’art, souvenirs d’enfance et autres anecdotes. Ces mots ont été recueillis lors d’entretiens, transcrits, puis tissés dans les structures compositionnelles. Dirigé par Hugo Blouin à la contrebasse, Le Buffet réunit John Hollenbeck à la batterie, Eugénie Jobin au chant, Aurélien Tomasi aux instruments à vent et Yannick Anctil au piano.

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PAN M 360 : Donc « Le Buffet », c’est aussi l’album.

Hugo Blouin : C’est l’album qui sera diffusé, celui qui est sorti l’année dernière, à la fin de l’année 2025.

PAN M 360 : C’est drôle, tu voulais aller chercher… C’est un peu le même principe qu’au hockey, ou que la Commission Charbonneau.

Hugo Blouin : On a la voix parlée, chantée, parlée, et avec la musique qui imite un peu, mais qui ne mène nulle part. Donc on a le même principe.

PAN M 360 : Mais cette fois-ci, tu es allé chercher des recettes auprès des gens qui t’entourent. Pourquoi as-tu voulu faire ça ? Pourquoi as-tu voulu te recentrer et te concentrer sur le monde qui t’entoure ?

Hugo Blouin : Eh bien, tu l’as mentionné, il y a une continuité avec les autres albums, dans le sens où j’utilise toujours la musicalité de la voix comme source d’inspiration, et le repicking comme matériau de composition. Après deux albums sur la Commission Charbonneau et un album sur le hockey, j’avais passé beaucoup de temps dans les archives. Et c’est un peu fastidieux de chercher dans cet univers l’extrait qui convient. C’est fascinant en même temps. Ça prend du temps, n’est-ce pas ?

PAN M 360 : Ça prend du temps. Et on écoute, on réécoute, on prend des notes, puis on y revient.

Hugo Blouin : Exactement.

PAN M 360 : Et c’est un peu le travail d’un archéologue. C’est donc fascinant, et cela en dit long sur la société. C’est un travail de recherche extraordinaire.

Hugo Blouin : Mais c’est ça, pendant ce temps-là, on ne compose pas. Et on est seul face aux archives. Et de toute façon, je voulais continuer à explorer la matière, le réassemblage de la voix.

Mais je n’avais pas forcément de sujet ni d’archives. Ça s’est présenté à moi. Je me suis dit : « Bon, je vais simplement créer ma propre matière. »

Cela me permettra de rencontrer des gens et aussi de contrôler les paramètres pour voir comment, au-delà du sujet, comment le contexte de l’entretien, les questions, le ton, tout ça, m’amènent à me poser quelques questions sur le processus de collecte. C’est donc ce que j’ai fait pour le buffet. J’ai commencé par envoyer des questions à des proches.

J’en ai rencontré certains, j’ai réalisé des entretiens, j’ai utilisé toutes sortes de méthodes de collecte. Au début, il y avait plusieurs sujets, si l’on peut dire, possibles, qui portaient principalement sur la manière d’entrer – je ne veux pas dire dans l’intimité des gens – mais de faire connaissance avec ces personnes que j’allais interviewer. J’ai donc préparé des questions dont je savais qu’elles allaient fonctionner.

Et finalement, le sujet qui mettait souvent les gens à l’aise, c’était la nourriture. C’était finalement une porte d’entrée vers la cuisine des gens. C’était un lieu où l’on n’hésitait pas à parler franchement.

L’humour surgissait, la spontanéité s’exprimait. Au final, cela m’a fourni une matière intéressante et m’a amené à poser d’autres questions sur la nourriture à d’autres personnes. C’est le cœur de cet album.

Mais enfin, l’album contient aussi des souvenirs d’enfance, des anecdotes, voire des réflexions sur la musique et l’art, qui sont en fin de compte d’autres extraits des conversations enregistrées que j’ai eues avec mes proches pour cet album. Tu sais, j’ai fait des albums conceptuels, mais ce n’est pas une obligation. On dirait que c’est devenu ta marque de fabrique.

Je ne me suis donc pas privé de le présenter comme un récital de jazz ou une table ronde de jazz, car au final, ce sont tous des sujets dont on pourrait discuter à table. Mais au cours du processus, il s’agissait principalement de conversations avec des proches. Et le fil conducteur, c’est la narration.

Je ne suis pas intéressé par le fait de lire la recette dans le livre et d’essayer d’en faire un morceau. Je veux que tu m’en parles. Il y a une exception à cela sur l’album, c’est le tonneau géant.

C’est la lecture d’un article. C’est toujours une histoire, mais c’est la lecture d’un article sur un festival d’hiver qui a eu lieu à Rimouski, quand ils ont retiré le tonneau géant du PFK, qui se trouvait à côté de l’ancien PFK. Du coup, ça commence à donner un morceau assez aventureux.

PAN M 360 : Oui, parce qu’au final, le journaliste a pris ça très au sérieux. Et la lecture de mon ami, le musicien Robin Servant, que j’ai également interviewé pour l’album. C’est lui qui m’en a parlé, alors je lui ai dit : « Tu peux me lire l’article ? » Il fait un peu de lecture à la manière de la radio canadienne, donc c’est un peu théâtral, ce qui a donné un morceau déjanté avec une improvisation libre, ponctuée d’interventions.

Hugo Blouin : Voilà donc le principe de base du projet. Et c’est ce que nous allons présenter presque intégralement à La Chapelle. Comme nous faisons partie d’un programme double, nous ferons peut-être une petite pause pour ne pas avoir à le refaire deux fois en une heure et demie.

PAN M 360 : Oui, mais ça va quand même prendre un certain temps. C’est un album généreux, comme la plupart de tes albums. Tu ne fais pas les choses en 45 minutes. Il y a de la matière. Tant mieux pour toi. La création de l’album dans son ensemble… Bon, tu as commencé par les recettes, mais ensuite il y a des confidences, peut-être, enfin, des réflexions et tout ça, et tu as assemblé le tout. As-tu l’impression que ça devient une sorte de va-et-vient avec plein, plein d’éléments épars ? As-tu construit quelque chose ? Une trame relativement cohérente du début à la fin ? Qu’est-ce que c’est ? Comment l’as-tu organisé pour que ce ne soit pas juste un enchaînement de gauche à droite ?

Hugo Blouin : Je pense que sur l’album, quand on l’écoute d’un bout à l’autre, il y aura certainement des thèmes surprenants, mais de temps en temps, il y a la voix des gens qui nous ramènent. On entend quelques extraits, des interviews qui ont été reprises pour composer, et ça nous ramène à ça, à ce genre de dialogue avec mes proches qui ponctue l’album. Dans le spectacle, il y a toute une narration, les interventions entre les chansons sont prévues pour donner des clés au public.

C’est une réflexion que j’ai entamée avec l’affaire Charbonneau, où le sujet était, pour la plupart des gens, complètement fou : chanter « La Commission Charbonneau », c’est une idée drôle, mais au final, le processus avait lui aussi besoin d’une explication. Et en s’adressant au public, qu’il soit initié ou non, plus le processus est clair, plus les gens accrochent. S’ils comprennent l’approche, s’ils peuvent s’y intéresser, ils s’amuseront davantage.

Le spectacle s’en charge. On va parler de la démarche, on va présenter les gens, la plupart de ceux qui ont été interviewés et reproduits, pour remettre ça en avant, pour faire ressortir le côté humain, et démystifier un peu la démarche. Je n’ai pas besoin que ce soit opaque, au contraire, je m’amuse avec ce matériel, et je veux le partager.

C’est l’un de ces spectacles où nous allons autant parler du processus que des sujets. Les sujets se répondent les uns aux autres, la plupart ont une connotation culinaire, il y a des souvenirs d’enfance, des anecdotes, mais au final, ce ne sont que des histoires racontées. En général, pendant le spectacle, on est captivé par la musique, qui est très intense, mais aussi par le fait de pouvoir la chanter.

Le spectacle est assez envoûtant, grâce aux paroles et au niveau des musiciens. Ça devient très exaltant.

PAN M 360 : Oui, et c’est virtuose, parce qu’il y a des choses, des lignes qui sont improbables, au niveau de la mélodie, des rebondissements et des détours, parce que si on imite la voix, ça ne suit pas une direction comme une mélodie de Mozart, ou, je ne sais pas, de Taylor Swift.

Hugo Blouin : Non, c’est ça, ça prend des détours spontanés. Ce n’est pas facile à suivre. Y a-t-il eu, dans les confidences que vous avez reçues, ou dans les réflexions, des choses qui vous ont surpris ? Des choses qui vous ont marqué plus que d’autres ? Bien sûr, vous avez choisi celles qui vous ont marqué, j’imagine, ou qui ressortaient, mais certaines plus que d’autres, et qui vous ont peut-être surpris, ou étonné.

PAN M 360 : Les gens sont tout de même conscients d’être enregistrés, donc je n’ai rien trouvé. Ce n’est pas un processus, mais le sujet m’a surpris. Des choses qui vous ont marqué plus que d’autres ?

Hugo Blouin : C’est ça, je peux répondre par rapport à la musique. Ce qui m’a marqué, c’est que l’intention, l’émotion que ressentent les gens lorsqu’ils partagent leurs histoires, influence la musique qu’ils vont produire. C’est donc l’une des choses que je recherchais : que les gens se sentent à l’aise pour pouvoir transmettre leurs émotions, l’émotion qui va de pair avec leur histoire. Sur l’album, il y a deux chansons qui sont des répliques de mon cousin Jean, et il était super enthousiaste à l’idée de partager ses recettes, et il avait préparé son discours, son intervention.

Et cet enthousiasme, cette préparation – parce qu’au final, ce qu’il avait préparé était très bien – transparaissent dans les chansons : deux morceaux assez entraînants, avec un bon groove, et le fait qu’il ait lui-même ce groove a beaucoup aidé. Car au final, il n’y a pas de magie dans le fait de copier les autres. Si l’on recopie notre interview, par exemple, et que l’on en retire toutes les notes, cela n’aura peut-être plus rien à voir avec le sujet.

Mais il s’agit de voir, au cours du processus, une fois que j’ai mené l’entretien ou que j’écoute ce que la personne m’a transmis, qu’il y a des choses qui vont m’intéresser. J’ai donc une idée de ce qui m’intéresse là-dedans, mais ensuite, quand je le reprends, il y a aussi la musique qui peut me surprendre. Je retranscris ta réponse, et je me dis : « Ce rythme est vraiment exceptionnel, il m’évoque telle chose musicale, telle ambiance, telle idée », et là, eh bien, ça peut devenir un point de départ pour commencer la composition.

C’est une idée qui n’a pas été mentionnée, c’est quelque chose qui est suggéré musicalement, et c’est pour ça que, pour moi, ça reste une méthode de composition. C’est une façon de me bombarder de morceaux inspirants. Après ça, il faut s’accrocher à un, deux, trois d’entre eux pour créer un morceau, tout en conservant l’essence de la phrase.

PAN M 360 : Bien sûr, il faut faire des coupures et restructurer le tout pour partir d’un discours parlé et le transformer en chanson. Il y a beaucoup trop de contenu.

Hugo Blouin : C’est donc un élément qui est ressorti, pour revenir à votre question.

C’est que l’intention et l’émotion des personnes comptaient dans ce partage, et c’est quelque chose que je ne pouvais pas autant apprécier lorsque je travaillais sur les archives, où l’on a simplement les archives et c’est tout ; on ne peut pas vraiment comparer comment la même personne était la veille, ni comment cela aurait été si ça n’avait pas été une bonne journée. En bref, c’est ça. Et à partir des paroles ou des extraits vidéo, évidemment, cela impose une sorte de structure dès le départ.

PAN M 360 : Il y a là quelque chose d’un peu plus scénarisé que du pur jazz. Où se situe la marge d’improvisation ? Est-elle circonscrite ? Comment l’organisez-vous ?

Hugo Blouin : Ça dépend des morceaux. Il y a une contrainte liée à l’écriture d’un morceau. Si l’on veut maintenir l’intérêt, il existe plusieurs mécanismes qui nous aident à rester captivés par une chanson. Les couplets, le refrain, les références formelles… Je sais que c’est quelque chose que j’accepte volontiers d’utiliser, pour trouver un refrain dans une histoire alors qu’on ne parle pas forcément d’un refrain. Donc oui, cela ajoute une sorte de lourdeur formelle, mais c’est quelque chose qui existe déjà dans le jazz traditionnel.

Cela vient des chansons, des comédies musicales, des standards. Évidemment pas du jazz moderne, mais la tradition du jazz repose là-dessus. Ça ne me dérange donc pas de m’en servir.

Après ça, en fait, je veux… C’est toujours du jazz dans le sens où la plupart des morceaux sont improvisés, à l’exception de certains passages où c’est écrit. Et les morceaux sont tous de longs passages en solo entièrement improvisés. Et la particularité de cet album par rapport aux précédents, c’est qu’il y a plus de place pour l’improvisation libre, ou en tout cas avec moins de contraintes.

Il y a donc des influences free et des improvisations « DIY ». Sur l’album, il y a un solo de Balloon par Émilie Fortin, dans un style jazz sérieux. Donc il y a toujours… C’est ça.

Je m’intéresse autant à perpétuer… Comment dire ? Je m’intéresse à la tradition et à ce qu’est le jazz aujourd’hui. Et en même temps, on essaie tous de bousculer les codes. Donc je m’intéresse aussi à proposer ou à jouer avec ces contraintes.

Il y a donc beaucoup d’improvisation dans le projet, même si c’est écrit. Je pense que les deux s’accordent plutôt bien et que cela repose beaucoup sur les interprètes.

PAN M 360 : Oui. C’est un groupe assez solide et incroyable, oui. Absolument. Ça fait un moment que tu travailles sur ce concept, la voix, ce type de voix ? As-tu toujours l’impression que le champ reste ouvert à de nombreux autres projets ? Ou est-ce que tu te dis… Avez-vous parfois envie de faire autre chose ?

Hugo Blouin : Non. C’est une malédiction, cet engagement artistique. La seule certitude qu’on a quand on termine un projet, c’est qu’on va en commencer un autre. Et ça continue comme ça. J’écris déjà pour le prochain projet. On reste dans la même direction. Pour moi, ça fait maintenant quatre albums en moins de dix ans. C’est vraiment la musique que j’ai en tête.

Les contraintes. Je pense qu’en faisant le tri entre ce qui était une contrainte et ce que je veux exprimer, on peut s’en rendre compte. Il y a des éléments qui reviennent.

Donc non, j’ai envie de continuer dans cette voie. Il y a toutes sortes de morceaux pour le prochain album. Je ne sais simplement pas encore dans quelle mesure ce sera un avant-goût ou un concept.

Pour l’instant, c’est un avant-goût, je peux le dire. Mais tu sais, peut-être que je ferai comme d’autres compositeurs et que j’arrêterai d’en parler. Dans le sens où j’ai la chance d’accompagner René Lussier dans son projet de trio. René Lussier est connu pour son œuvre, *Le Trésor de la langue*, dont il s’est inspiré pour réaliser tout un documentaire. C’est une œuvre que j’adore, bien sûr. René… nous avons célébré ses 50 ans de carrière il n’y a pas si longtemps. Il y a encore des tonnes de morceaux inspirés par la musicalité de la voix. Pour moi, c’est juste qu’il n’en fait pas beaucoup. C’est un risque pour lui.

C’est une information dont je dispose. Pour moi, la musicalité de la voix n’est qu’un processus. Il est vrai que je n’ai pas besoin d’en faire un sujet, mais c’est une bouffée d’air frais. Je ne vois pas comment je pourrais m’en priver. C’est trop intéressant. Ça restera là.

PAN M 360 : Donc, pour vous, on ne se projette pas dans une musique strictement instrumentale, du moins pas à court terme.

Hugo Blouin : Ça pourrait être instrumental. Ça ne change rien. Il y a de longs passages instrumentaux que je compose et qui s’inspirent aussi de la voix. Je fais partie d’un collectif avec des musiciens de Calgary. On l’a appelé Calgaréal.

Nous préparons donc notre deuxième série de morceaux. Sur le premier album, j’ai un morceau où j’oppose un discours de Trump à celui d’un détracteur et à des publicités pour de la soupe. Parce qu’à un moment donné, ils se sont plaints que les manifestants avaient jeté des boîtes de soupe sur les policiers et que cela leur avait fait mal. Alors, bien sûr, j’essaie d’en faire une parodie. Mais au milieu, il y a un solo de violon libre, puis un long passage instrumental, et tout un tas de nouveaux éléments qui abordent cette histoire.

Ça ne sert à rien d’en parler quand on joue le morceau, mais je sais que c’est ça. J’ai trouvé cette réinterprétation amusante. Elle s’étale au milieu du morceau et permet de revenir à la chanson. C’est un matériau qui reste au cœur du processus. Oui, ce sont des sources d’inspiration.

PAN M 360 : La voix a-t-elle toujours été pour toi une fascination artistique ? Esthétique ?

Hugo Blouin : À un certain moment, j’ai compris que ce processus existait et cela m’a fasciné. Quand ce déclic s’est-il produit ? Vers le début de l’année 2010. C’est à ce moment-là que j’ai compris comment ça fonctionnait et que j’ai eu envie de composer des morceaux. À l’époque, je travaillais sur un projet d’art sonore. J’étais à l’Île-de-la-Madeleine et je menais un projet d’art sonore basé sur des enregistrements du terrain. J’ai fait un micro-trottoir, j’ai reproduit les voix de tout le monde et j’en ai fait un morceau. Ah, d’accord. Le déclic.

Oui, et je travaillais sur Le Trésor de la Langue. Oui, d’accord. Il y a beaucoup d’autres artistes fascinants qui continuent à explorer la musicalité de la langue, notamment des jazzmen comme Dan Weiss, qui joue de la batterie, Jason Moran au piano, et les Anglais – je ne sais pas s’ils sortent encore de nouveaux morceaux –, mais aussi Tin Man and the Telephone qui font des choses dans ce registre. Il y a beaucoup de choses qui continuent à se faire. Il y a plein de choses intéressantes, de différentes manières, qui continuent à se faire avec ce médium. Mais tu es l’un de ceux qui creusent le plus le sujet, je crois.

PAN M 360 : Tu es vraiment le plus assidu. Oui, parce que je le dis, disons que ça fait partie du processus. Oui, mais ça reste quand même assez évident. On écoute tes albums et c’est évident. Absolument, puisque les paroles sont réinterprétées. Pour moi, ça fait toujours un fort effet.

Hugo Blouin : Oui, l’effet est très fort. Proposer des mots qui ne seraient pas des mots. Si on les chantait avec cette mélodie, qui ne serait pas une mélodie autrement. Disons que, tu sais, je m’intéresse surtout à la manière de rendre cela musical. La dimension magique liée à la force ou au fait de réaliser quelque chose d’impossible m’intéresse moins aujourd’hui. Je cherche un moyen de l’intégrer dans un discours musical. Mais mon regard est très influencé par le fait que j’y suis moi-même impliqué. Bon, écoute, Hugo, encore un grand merci pour cette discussion. C’était vraiment génial.

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