renseignements supplémentaires
L’Ensemble Caprice, dirigé par Matthias Maute, investira le 9e étage du Centre Eaton de Montréal afin d’offrir au public un dialogue original entre l’orchestre baroque européen et la flûte traditionnelle indienne (bansuri), jouée par J.A. Jayant. Ça se passera le mardi 20 octobre à midi (attention, retenez l’heure, car c’est différent du 17h habituel). La belle opportunité, donc, pour les travailleurs du centre-ville d’aller passer son heure de lunch dans une atmosphère d’évasion culturelle. J’ai parlé quelques minutes avec Matthias Maute de ce concert.
PanM360 : Qu’est-ce qui vous a donné l’envie de faire cette rencontre avec la musique indienne?
Matthias Maute : Avec l’ensemble Caprice, ça fait quelques années maintenant que l’on mène l’initiative Classique Inclusif, qui est justement la rencontre de plusieurs cultures sur scène. Ça fait partie de notre mission de créer des espaces où la musique est quelque chose de non seulement esthétique, mais qui rejoint un besoin social et humain.
Je suis immigrant moi-même, et j’ai été très bien reçu ici au Québec. Alors, ici, on vit une expérience en communion avec des immigrants et des réfugiés qui, d’ailleurs, se prononcent eux-mêmes lors de ces concerts, avec des témoignages qui racontent leur histoire. On a tissé des liens avec ces communautés. Cela dit, je dois préciser que ce ne sera pas le cas lors du concert du 20 octobre. Il n’y a pas assez de temps pour faire cela. Il y aura donc uniquement de la musique.
Cette initiative a débuté en 2023, et est devenue une autre façon de vivre la musique en communion avec des gens et des artistes venus d’ailleurs. En plus, chez Caprice, les deux directeurs artistiques sont des flûtistes. Nous avions un intérêt supplémentaire à explorer ce qui se fait dans d’autres traditions de flûte.
PanM360 : La tradition baroque européenne est très codifiée, la musique indienne, improvisée (bien qu’avec des codes très solides aussi). Comment vous arrimez les deux?
Matthias Maute : Il y a un peu les deux types de pratique. On est en dialogue. Il y a des moments pour chacun, puis d’autres où on se rejoint. L’initiative Classique Intrusif a aussi un objectif à long terme, c’est-à-dire qu’on a le but de créer la musique du futur. Comme nous vivons dans une société qui est très diverse, pourquoi ne pas créer une musique qui est aussi diverse, avec des contributions de chaque côté. Maintenant, dans le concert qui s’en vient, ça va être plus séparé qu’on pense. C’est aussi un peu comme à la radio, on tourne le bouton et on arrive sur un autre canal. Ça représente aussi notre vie actuelle.
PanM360 : Dans les épisodes conjoints, comment allez-vous intégrer son de la flûte indienne à votre propre univers sonore? Vous avez certainement dû faire des arrangements?
Matthias Maute : En fait, c’est surtout le contraire. Nous, on va se joindre à J.A. dans certaines des pièces. Par exemple, il y a une transcription que Zia a livrée pour que Caprice au complet puisse se joindre à lui. J.A., de son côté, il a une pièce qui est selon lui axée sur l’influence de Jean-Sébastien Bach. Je ne m’attends pas à faire une révolution musicale, mais certainement à une belle et étonnante rencontre, qui nous permettra peut-être de créer une plateforme pour des rencontres futures.
PanM360 : Il y aura forcément de l’improvisation, car la tradition carnatique de Jayant (le style musical du Sud de l’inde), est basé là-dessus.
Matthias Maute : C’est ça l’idée. D’ailleurs, c’est un esprit qui manque en musique classique, en général. Il faut pousser l’idée qu’on n’a pas besoin tout le temps de monter sur le Mont Everest et préparer ça pendant trois ans, et peut-être mourir en revenant. Nous, on est tous ensemble dans la cuisine pour préparer un repas qu’on n’a jamais mangé avant, et on espère que ça va être bon pour les gens dans la salle.
PanM360 : Vous, du côté de Caprice, ça vous impose une certaine flexibilité?
Matthias Maute : On est fait pour ça. Ça fait des années qu’on fait de la musique nomade de l’Est de l’Europe, qui est devenue un de nos projets signatures, et aussi de la musique latine de l’Amérique du Sud. On a aussi l’habitude de sortir du répertoire baroque traditionnel. On a fait tout un disque avec la musique de Chopin et de Satie. Je trouve que c’est important de continuer à expérimenter. D’ailleurs, ça implique que moi, dans ce concert, je vais aussi jouer le violon!
PanM360 : Je ne savais pas que vous jouiez du violon, Mathias!
Matthias Maute : Pendant ma jeunesse, j’avais deux instruments, la flûte et le violon. C’est l’instrument que j’adore, que j’ai toujours adoré, mais j’ai toujours gardé ça comme un petit secret pour moi-même.
PanM360 : Merci pour cet entretien
Musicien·nes
Flute J.A.Jayant, flûte indienne
Matthias Maute, flûtes
Sophie Larivière, flûtes
Lucie Ringuette, violon baroque Premier violon Ensemble Caprice
Tanya LaPerrière, violon baroque
Jean-Christophe Lizotte, violoncelle baroque
David Jacques, guitare baroque
Ziya Tabassian, percussion
William Kraushaar, basse
Programme
Airs pour basse (The Cold Song, Wondrous Machine) – Henry Purcell
Canon – Johann Pachelbel
Air on the g string pour cordes – Jean-Sébastien Bach
Marco Uccellini – La Bergamasca
Brova Vamma, by Syama Sastri (1762–1827)
Jagadodharana, by Purandara Dasa (c. 1484–1564)
Paridhanamicchithe, by Patnam Subramania Iyer (1845–1902)
Krishna Nee Begane Baaro, by Vyasatirtha (c. 1460–1539)























