chant lyrique / classique occidental / opéra / période classique

OSM | Des « Noces de Figaro » enlevantes

par Alexandre Villemaire

Après avoir présenté l’année dernière Cosi fan tutte avec le baryton Thomas Hampson, l’Orchestre symphonique de Montréal et Rafael Payare présentaient un second volet de la trilogie d’opera buffa issue de la fructueuse collaboration entre Mozart et le librettiste Lorenzo Da Ponte. Le concert reprend ainsi les éléments qui ont fait le succès de la prestation de 2025. Une mise en scène efficace avec scénographie simple (une chaise, un placard, un support de vêtement), des costumes sobres, mais flamboyants, des éclairages somptueux (gracieuseté de Chantal Labonté), un orchestre dynamique et alerte, des chanteurs et chanteuses investis et un récit adapté sont parmi les éléments qui ont conquis le public.

L’histoire, pour rappel, est basée sur la pièce de théâtre de Beaumarchais. Dans la demeure du comte Almaviva à Séville, le valet Figaro et la camériste Susanna préparent leurs noces. Cependant, plusieurs obstacles se dressent devant eux. Figaro est promis à Marcellina, la gouvernante, à cause d’une dette qu’il n’a pu rembourser, tandis que Susanna est convoitée par le Comte, un séducteur invétéré qui ne dédaignerait pas de rétablir son droit de cuissage pour passer la nuit de noces avec elle. Pour échapper à cette fâcheuse situation, Figaro use d’un stratagème : un billet galant doit faire croire au Comte que la Comtesse, injustement délaissée, va rencontrer un amant. De son côté, le Comte fixe à Susanna un rendez-vous dans le jardin. À partir de là, tout est une enfilade de quiproquos, de révélations familiales, de déclarations enflammées auxquelles se mêlent divers personnages tels le jeune page Cherubino, qui se languit pour la Comtesse, Bartolo, le médecin de Séville, Don Basilio et Don Curzio, respectivement maître de musique et juge. Même le jardinier d’Almaviva, Antonio, et sa fille Barbarina sont de l’action avec un chœur de paysans.

C’est donc dans ce cadre et cette action que ce lot de personnages a défilé sur scène.  Et le public a eu droit à une distribution étoilée pour incarner ces divers protagonistes ! Le baryton-basse italien Ildebrando d’Arcangelo possède un timbre cuivré résonnant et a tout de l’attitude moqueuse et assurée typique d’un Figaro. Sa partenaire de jeu, l’Austro-Anglaise Anna Prohaska faisait un retour sur scène à l’OSM après avoir incarné Fiordiligi dans Cosi. Sa voix est claire et brillante, mais perd parfois d’articulation dans les graves, même dans un effectif orchestral mozartien. Mention également pour les deux personnages nobles du Comte et de la Comtesse, soit Luca Pisaroni et Masabane Cecilia Rangwanasha. Pisaroni incarne un Almaviva délectable tant avec son timbre élégant et puissant que par son jeu scénique intelligent qui rend parfaitement les contours de ce personnage à la fois noble et gamin. Rangwanasha incarne quant à elle une comtesse aux couleurs vocales chaleureuses et enveloppantes. Son aria « Dove suono », pris dans un tempo légèrement allant, étant une interprétation d’anthologie. Mention également pour Avery Amereau, parfaitement ingénue dans le rôle du jeune page Cherubino ainsi que pour Dorothea Röschmann en Marcellina d’une grande stature. Trop court dans leur intervention, Robert Pomakov (Bartolo), Angelo Moretti (Don Basilioi/Don Curzio), Geoffroy Salvas (Antonio) et Carol-Anne Roussel (Barbarina), ont offert une présence tout aussi investie et incarnée musicalement.

Menée par un orchestre et un chef qui ne laisse aucun temps mort, l’action sur scène est toujours maintenue en alerte dans ces grandes scènes lyriques, qui étaient encadrées par des interventions de la narratrice, la comédienne Madeleine Sarr, qui venait contextualiser l’action des scènes. L’écriture du texte narratif réalisé par Mani Soleymanlou était efficace, précise et poétique. Avec cette formule d’opéra-concert, l’OSM s’inscrit dans un filon intéressant et attractif qui mélange habilement les éléments et code l’opéra dans un format accessible et tout aussi enlevant qu’une production à grand déploiement. L’assistance nombreuse de la Maison symphonique en fait foi On ne peut qu’espérer avec anticipation la probable prochaine production dans ce format de Don Giovanni qui viendrait conclure la trilogie de Da Ponte.

Cette folle soirée est présentée de nouveau le vendredi 20 mars. Si vous avez la chance d’assister aux noces, accourez !

crédits photo: Gabriel Fournier

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