Pour moi, qui assiste à ce festival depuis environ cinq ans, il y a toujours une découverte à faire à Osheaga, et cette année, c’était Not For Radio.
Il s’agit du projet solo de Maria Zardoya, du groupe The Marías, et mon Dieu, quelle ambiance atmosphérique et éthérée ! J’adore l’album Submarine (2024) de The Marías, alors si j’avais su qu’il s’agissait de la même artiste, je me serais précipitée vers la scène de la Forêt pour me laisser emporter par la musique.
Je n’ai pu assister qu’à la dernière moitié du concert, mais Zardoya m’a immédiatement captivé lorsqu’elle a interprété Comet, vêtue d’une robe en maille couleur albâtre, sur une scène décorée sur le thème de la nature moussue, avec un monticule d’herbe verte au centre. L’éclairage bleu sarcelle se reflétait sur les murs, imitant la pluie, ce qui renforçait le caractère mystique de l’ensemble.

Alors que la plupart des morceaux de The Marías s’appuient sur des riffs accrocheurs et des falsettos, le tout sous un mur de dream pop aux accents shoegaze, Not For Radio présente un rock trip-hop alternatif, avec une musique qui rappelle presque Portishead, dont les chansons vous bercent dans un sommeil brumeux avant d’exploser dans une fureur de répétitions vaporeuses.
La voix de Maria Zardoya a ce côté soyeux, avec ses puissantes lignes de voix de tête qui résonnent jusqu’au ciel. J’ai apprécié le fait que le groupe joue en live, car c’est le genre de son qui aurait très bien pu se contenter d’une bande-son, mais qui est tellement mieux mis en valeur par les instruments joués en direct. Après une chanson, Zardoya s’est allongée sur le monticule herbeux, comme pétrifiée, tout en chantant le refrain répétitif de Back To You.
Un homme vêtu de noir — qui ressemblait au Frankenstein de Guillermo del Toro — a soulevé Zardoya et l’a emportée hors de la scène. Après que son groupe eut improvisé sur un morceau d’orgue synthétique à la Castlevania, Zardoya est réapparue vêtue d’une robe noire gothique.
Je suppose que le groupe White Not For Radio est mort et s’est réincarné en cette version plus sombre, à l’image du cygne noir. Tout cela était très théâtral et calculé, et a eu un impact considérable en très peu de temps. Désormais, je vais suivre de près tout ce que Not For Radio a fait et fera à l’avenir, merci.
Crédit photo: Benoit Rousseau























