Le spectacle commence avec six percussionnistes frappant des tambours de tailles différentes, puis un solo de kora à couper le souffle s’élève dans l’air. Le joueur de kora lance un cri, et d’autres artistes – acrobates, trapézistes et contorsionnistes – font leur apparition sur scène.
Yamoussa Bangoura n’est pas seulement un joueur de kora majestueux et de renommée mondiale, mais aussi le directeur artistique de Kalabanté, une école de cirque et une compagnie internationale de production de spectacles. Sous le nom d’Afrique en Cirque, Bangoura et une vingtaine d’autres artistes ont emmené le public de Scène TD dans un voyage au cœur de l’Afrique de l’Ouest, agrémenté de touches de modernité, pour le 40e anniversaire du festival. Soudain, une pyramide humaine soutient un artiste qui tient en équilibre, le bras posé sur la tête d’un autre, à une dizaine de mètres du sol.
Bangoura est le véritable meneur de chaque représentation – chantant, jouant de la kora ou des percussions – tandis qu’un autre batteur et un bassiste (qui semblent infatigables) assurent le rythme. Mon seul bémol : les solos de saxophone et de guitare étaient préenregistrés, alors que le reste des instruments était joué en direct. Pourquoi ne pas avoir engagé un saxophoniste ou un guitariste costumé ?

Nous assistons tous à une pyramide humaine et à deux contorsionnistes qui se débattent contre une longue corde, se disloquant les articulations et faisant tournoyer leurs têtes et leurs torses de façon apparemment impossible, le tout sur fond de jazz afro-blues. J’ai personnellement vu le Russe Aleksei Goloborodko (considéré comme le meilleur contorsionniste du monde) au Cirque du Soleil, et ces contorsionnistes de Kalabanté sont tout à fait à son niveau.

À mi-chemin du spectacle, Bangoura et une demi-douzaine d’autres colosses hyper musclés, déguisés en ouvriers du bâtiment, entament ce que je qualifierais de passage « Magic Mike ». Ils ne se déshabillent pas à proprement parler, et n’en ont d’ailleurs pas besoin : ils réalisent des acrobaties sur des planches de bois et font des gestes suggestifs au rythme du blues africain. Le public est conquis. Ensuite, place à d’autres acrobaties, avec des artistes qui se font des saltos par-dessus d’autres.

Par moments, c’est un peu chaotique, mais ça se termine toujours par deux tours humaines, à douze mètres de hauteur, qui retombent à l’unisson sur les tapis. Je pense que si la troupe n’a pas de saxophone ni de guitare solo en live, c’est parce que la musique est en boucle, ce qui permet à Bangoura et aux autres artistes de préparer la suite du spectacle. Il y a eu quelques moments qui semblaient interminables, jusqu’à ce que les artistes trouvent le bon rythme. Mais bon, c’est le monde du spectacle, et parfois, la production ne fonctionne pas du premier coup. Quoi qu’il en soit, Kalabanté a mis le feu et a offert une performance mémorable aux Nuits d’Afrique.
Photos by André Rival























