Wolf Alice parle de sa « phase denim » glam rock

Entrevue réalisée par Helena Palmer
Genres et styles : glam rock

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L’industrie musicale est dominée par le désir d’indépendance, qui se reflète dans le nombre toujours croissant d’artistes solo. Il est extrêmement rafraîchissant de voir un groupe dans sa forme la plus authentique, fondé sur des goûts communs et la collaboration. Il existe une alchimie indéniable entre les membres de Wolf Alice, qui sont ensemble depuis plus de dix ans maintenant. Leur performance était très aboutie, mais laissait place à l’improvisation et permettait aux membres du groupe d’être simplement des amis jouant leur musique. S’il y a une chose pour laquelle Wolf Alice mérite d’être félicité, c’est bien le pouvoir et l’emprise qu’il exerce sur une salle. Il y avait une intimité confortable entre le public et la scène du Théâtre Beanfield, le groupe ayant invité une fan à monter sur scène pour chanter « Safe From Heartbreak ». C’était très touchant, car ce n’est pas courant. La fan a simplement demandé si elle pouvait le faire et le groupe a répondu : « Oui, pourquoi pas ». Le set était un beau mélange de chansons issues de leur dernier album, The Clearing, et de vieux classiques, avec des niveaux d’énergie variés, allant des hymnes rock comme « Play The Greatest Hits » et « Formidable Cool », pendant lesquels la chanteuse Ellie Rowsell crie dans un mégaphone et rampe sur scène en secouant ses cheveux, à des morceaux plus lents comme « Play It Out ».

La scène était décorée d’un rideau scintillant et d’une boule disco, créant une ambiance glam rock intemporelle qui correspondait bien au son de leur dernier album. Ellie était vêtue d’un justaucorps rétro et de bottes montant jusqu’aux genoux, et elle a adopté une posture imposante pendant la majeure partie du concert. Elle est une véritable force de la nature et confirme sa place de femme du rock. Le bassiste Theo Ellis a également contribué à enflammer la foule, en agitant les bras à l’avant de la scène, il dégage lui aussi une énergie de leader. PAN M 360 a rencontré les membres du groupe Wolf Alice avant le concert pour discuter des influences et du processus créatif derrière l’album The Clearing.

PAN M 360 : L’album a un son très intemporel et épuré. Associé à l’esthétique générale, on dirait qu’il pourrait sortir tout droit des années 70. Diriez-vous qu’il s’inspire spécifiquement de cette période ?

Theo Ellis: Je pense que nous avons été inspirés par les années 70, oui, et certainement par certains albums clés sortis au cours de cette décennie. Nous avons adoré All Things Must Pass de George Harrison. Nous avons dit à plusieurs reprises que nous aimions certaines parties du catalogue de Fleetwood Mac. Nous aimons le son et le fait qu’il n’y ait pas trop d’éléments ; la chanson ressort tout simplement. Nous aimons aussi Alex G, nous aimons Haim. Beaucoup de choses modernes aussi.

PAN M 360 : Comparé à vos albums précédents, celui-ci est beaucoup plus épuré sur le plan sonore, avec moins d’éléments. Était-ce quelque chose que vous aviez décidé de faire ?

Theo Ellis : Oui, c’est quelque chose que nous voulions essayer. Je pense que souvent, pour rendre les choses passionnantes et vivantes en studio, il faut faire quelque chose de nouveau. Et oui, je pense qu’il y a une certaine façon d’enregistrer avec laquelle nous sommes à l’aise, et essayer de voir à quel point nous pouvons améliorer la chanson en utilisant moins d’éléments était une contrainte passionnante pour nous. Et je pense que ce principe vous ramène aux années 70, car elles s’appuient davantage sur la partie rudimentaire du travail.

PAN M 360 : Comment vos goûts musicaux ont-ils évolué depuis Blue Weekend ?

Theo Ellis : J’ai beaucoup apprécié les instruments acoustiques juste après Blue Weekend. J’ai commencé à écouter beaucoup John Prine et Townes Van Zandt.

PAN M 360 : Lorsque vous composez, pensez-vous davantage à la place qu’occupera une chanson dans l’album ou à la façon dont elle sera interprétée en concert ?

Ellie Rowsell : Je pense qu’auparavant, nous ne pensions qu’à l’album, mais cette fois-ci, j’ai beaucoup plus réfléchi à la version live. Nous voulions vraiment éviter d’inclure trop d’éléments que nous ne pourrions pas reproduire en concert.

PAN M 360 : Y a-t-il des influences non musicales qui ont contribué à la création de l’univers de l’album ? Des films, des villes, des odeurs, des tissus, etc.

Theo Ellis : Je suppose que « All That Jazz » de Bob Fosse revient sans cesse dans le clip de « Bloom Baby Bloom ». C’est un mélange d’éléments très naturels, comme une promenade dans les bois, mais aussi des paillettes.

Joel Amey : Je ne porte que des jeans en denim bleu depuis huit mois. Pour le dernier album, j’avais l’impression de repasser des costumes en permanence. J’ai décidé que ce serait notre album denim, notre phase denim.

Photos par Elizabeth Dovolis

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