FIJM 2026 | Si vous aimez le saxophone alto, vous devez connaître Immanuel Wilkins

Entrevue réalisée par Alain Brunet
Genres et styles : jazz / jazz contemporain / jazz moderne

renseignements supplémentaires

Immanuel Wilkins, 38 ans, est considéré comme l’un des saxophonistes alto et improvisateurs les plus accomplis de la scène jazz actuelle. Son articulation phénoménale, sa sonorité aux multiples nuances et sa grande créativité font de lui l’un des meilleurs. Mais il n’est évidemment pas une grande star auprès du grand public ; pour l’instant, ce sont surtout les musiciens et les connaisseurs qui l’admirent. Essayons donc de le faire connaître davantage ! Originaire de Pennsylvanie, il vit à New York, où il a étudié à la Juilliard School auprès de Bruce Williams, Steve Wilson et Joe Temperley. Son premier album en tant que leader, Omega, est sorti en 2020 avec le même noyau de musiciens qui a joué au Festival de jazz de Montréal : Micah Thomas au piano, Daryl Johns ou Ryoma Takenaga à la basse, Kweku Sumbry à la batterie. Ces musiciens ont également enregistré le récent album live au Village Vanguard.C’est donc pour cette raison que PAN M 360 vous propose cette interview avec ce grand virtuose afro-américain du saxophone, improvisateur et compositeur. Immanuel Wilkins a généreusement répondu à nos questions, quelques heures avant son excellent concert du 27 juin.

PAN M 360 : Je te connais depuis les années 2010.

Immanuel Wilkins : Oh, d’accord. Tu es donc dans le milieu depuis un bon moment.

PAN M 360 : Oui, on dirait bien ! Tu es donc issu d’une grande lignée de saxophonistes alto.

Immanuel Wilkins : Absolument.

PAN M 360 : Tu sauras mieux le décrire et l’expliquer que moi.

Immanuel Wilkins : Ouais, mec, enfin, ouais, pour moi, je veux dire, ouais, les gens avec qui j’ai grandi… Mon premier coup de cœur, c’était Kenny Garrett quand j’étais jeune, mais ensuite…

PAN M 360 : Un sax alto très puissant.

Immanuel Wilkins : Ouais, exactement, ouais, génial, genre, je veux dire, un son très riche. Ouais, j’ai commencé par écouter Kenny, et ensuite, je suis passé à Johnny Hodges et Ben Webster, et plein de saxophonistes ténors aussi, genre…

PAN M 360 : Johnny Hodges avait un jeu très doux, très différent de celui de Kenny Garrett !

Immanuel Wilkins : Oui. C’était un grand musicien, je l’adore. Et puis, à la fac, j’ai commencé à écouter Ornette Coleman, et Ornette a vraiment changé la donne pour moi. C’était… c’était le meilleur, le meilleur à mes yeux.

PAN M 360 : As-tu eu l’occasion d’assister à des concerts du groupe Prime Time ?

Immanuel Wilkins : Oh, mec, j’aurais bien aimé mais je devais étudier quand j’étais vraiment jeune, mais j’ai étudié avec deux membres de Prime Time.

PAN M 360 : Avec Jamaaladeen Tacuma ?

Immanuel Wilkins : Ouais, ouais, exactement, Jamaladeen, qui était à Philadelphie, et cet autre type, Charles Ellaby.

PAN M 360 : Ouais, je sais, j’ai vu ça, enfin, je suis vieux, donc je les ai vus quelques fois.

Immanuel Wilkins : Oh, c’était génial, ouais, mec, j’aurais bien aimé les voir, mec, c’est un super groupe.

PAN M 360 : Des années plus tard, heureusement, on assiste à un regain d’intérêt pour le jazz et tu fais clairement partie de ce nouvel élan historique dans le monde du jazz après tant d’années.

Immanuel Wilkins : Ouais, tout à fait.

PAN M 360 : Comment te situes-tu dans tout ça ?

Immanuel Wilkins : Je veux dire, je me vois au milieu d’une bande d’amis avec qui j’ai fait mes études, tu vois ? J’ai l’impression d’avoir eu de la chance en déménageant à New York. Rien que les noms de ces gens : Gifton Gellin, Kalia Vandever, Leslie Mock, Joel Ross, James Francis, Jeremy Dutton, pour n’en citer que quelques-uns.Je veux dire, il y avait tellement de gens qui, genre, en arrivant en ville, avaient à peu près mon âge et faisaient de la super musique, et c’était vraiment sympa de pouvoir commencer à bosser avec eux assez tôt, tu vois ?

PAN M 360 : Ouais. Et tu retournes souvent à Philadelphie ?

Immanuel Wilkins : Ouais, tout à fait. J’y passe environ 50 % de mon temps. D’accord, 50 %, merci. J’ai mon appartement à New York, mais je suis tout le temps à Philadelphie.

PAN M 360 : Parlons maintenant de ce que vous présentez lors de cette tournée estivale, après la sortie du Volume 1 au Village Vanguard chez Blue Note Records.

Immanuel Wilkins : Ouais, mec, je veux dire, c’est une période géniale pour nous. J’ai l’impression que c’est la première fois qu’on prend vraiment conscience du temps qu’on a passé ensemble. Tu vois, c’est la première fois qu’on prend conscience de notre ancienneté en tant que groupe. Tu vois ce que je veux dire ? On approche bientôt des dix ans, et d’ici un an ou deux, on en sera peut-être à dix. Je crois qu’on en est à environ huit maintenant. Et je pense, ouais, que cette période marque en quelque sorte un tournant où on a l’impression d’être, tu vois, d’être une véritable entité. On a l’impression qu’il y a une sorte de synergie et qu’il y a, en quelque sorte, un langage entre nous, tu vois, qui relève presque de la télépathie.

Et j’ai l’impression que pour mes trois premiers albums, j’étais vraiment obnubilé par les enregistrements conceptuels.

Mais pour celui-ci, je me suis senti plus libre de faire de la dynamique de l’ensemble le concept même. Tu vois, c’est ça le sens. Le sens, c’est justement la façon dont quatre personnes travaillent ensemble, tu vois. Et donc, ouais, ça a été génial. Ça fait du bien.

PAN M 360 : Si l’on parle de direction artistique et de la voie que vont emprunter votre ensemble et votre propre esthétique dans un avenir, disons, proche… Peut-on s’attendre à quelque chose dans le registre des expressions jazzistiques ?

Immanuel Wilkins : Waouh, c’est une bonne question. Je n’ai aucune idée de ma place dans le paysage du jazz en ce moment, mais j’ai vraiment l’impression d’essayer sans cesse de me réinventer et de me lancer des défis pour faire des choses différentes. Ouais, j’ai l’impression d’être constamment à la recherche de la prochaine étape. Donc, oui, je pense que le véritable objectif, le véritable objectif, c’est d’avoir des gens qui écoutent la musique, qui s’engagent pleinement à l’écouter, tu vois, qui font confiance et qui accordent le bénéfice du doute à l’artiste. Tu sais, je pense que c’est la chose la plus importante qu’un auditeur puisse faire.

On apprend beaucoup en tant qu’auditeur et on apprend beaucoup en tant que musicien de cette manière-là, tu vois, c’est comme ça que j’aime être. Je veux me sentir libre d’expérimenter et de faire, tu vois, des trucs fous, tu vois, sans que ça mette fin à ma carrière, sans que ça m’empêche d’avancer dans ma carrière.

PAN M 360 : Tu sais si bien faire les deux !

Photo by ProductionsNOVAK

Publicité panam

Tout le contenu 360

MUTEK 2026 | Trouver le « flow » avec Fennesz

MUTEK 2026 | Trouver le « flow » avec Fennesz

Domaine Forget 2026 | Concert final aux accents de fleurs et de couronnes

Domaine Forget 2026 | Concert final aux accents de fleurs et de couronnes

Orientalys 2026 | La fièvre Bollywood du samedi soir

Orientalys 2026 | La fièvre Bollywood du samedi soir

Découvrez Le Qafila : groupe de pop, fusion soufie, bhangra indienne à Montréal

Découvrez Le Qafila : groupe de pop, fusion soufie, bhangra indienne à Montréal

Orientalys 2026 | Nuit blanche kabyle, « traversée sensible de la mémoire »

Orientalys 2026 | Nuit blanche kabyle, « traversée sensible de la mémoire »

Domaine Forget 2026 | Vienne immortelle et classique : dialogues entre Haydn, Beethoven, Mozart…et Labadie

Domaine Forget 2026 | Vienne immortelle et classique : dialogues entre Haydn, Beethoven, Mozart…et Labadie

Orientalys 2026 | Rakcha Band, jazz-funk-fusion de Tunisie transplanté à MTL

Orientalys 2026 | Rakcha Band, jazz-funk-fusion de Tunisie transplanté à MTL

Orientalys 2026 | DJ Mina, du chant sacré au DJisme oriental !

Orientalys 2026 | DJ Mina, du chant sacré au DJisme oriental !

Orientalys 2026 | Du 13 au 16 août, les meilleures prises du festival!

Orientalys 2026 | Du 13 au 16 août, les meilleures prises du festival!

Présence autochtone | En attendant la (vraie) Grande Paix de MTL, Forestare, Joséphine Bacon, Richard Desjardins et tant d’autres sur scène

Présence autochtone | En attendant la (vraie) Grande Paix de MTL, Forestare, Joséphine Bacon, Richard Desjardins et tant d’autres sur scène

Orientalys 2026 | Qi Shen et Jasmine Xu, un duo erhu/piano, mère/fille, à découvrir

Orientalys 2026 | Qi Shen et Jasmine Xu, un duo erhu/piano, mère/fille, à découvrir

Présence autochtone | Leonard Sumner, une autre perspective

Présence autochtone | Leonard Sumner, une autre perspective

Orientalys 2026 | Alex Iskandar : porteur de traditions de l’Asie centrale à Montréal

Orientalys 2026 | Alex Iskandar : porteur de traditions de l’Asie centrale à Montréal

Domaine Forget 2026 | Marc Hervieux chante 35 ans de carrière

Domaine Forget 2026 | Marc Hervieux chante 35 ans de carrière

Présence autochtone I Rei: décoloniser par le rap maori, procurer du bonheur

Présence autochtone I Rei: décoloniser par le rap maori, procurer du bonheur

Concerts aux Îles du Bic | Robin Servant : la musique comme lieu de rencontre

Concerts aux Îles du Bic | Robin Servant : la musique comme lieu de rencontre

Domesicle Series: The Story of Sister Zo

Domesicle Series: The Story of Sister Zo

Domaine Forget 2026 | Bach éternel et éternelles passions avec Rachel Barton Pine

Domaine Forget 2026 | Bach éternel et éternelles passions avec Rachel Barton Pine

Élan de cordes dans les parcs de Montréal avec Andrei Feher et l’Orchestre classique de Montréal

Élan de cordes dans les parcs de Montréal avec Andrei Feher et l’Orchestre classique de Montréal

Présence autochtone 2026 | La programmation avec André Dudemaine

Présence autochtone 2026 | La programmation avec André Dudemaine

Concerts aux Îles du Bic | Samaqani Cocahq fait revivre les traditions wolastoq

Concerts aux Îles du Bic | Samaqani Cocahq fait revivre les traditions wolastoq

Concerts aux Îles du Bic | Pierre-Luc Lecours et l’Ensemble Modulaire : entre le son, l’image et l’instant 

Concerts aux Îles du Bic | Pierre-Luc Lecours et l’Ensemble Modulaire : entre le son, l’image et l’instant 

Concerts aux Îles du Bic | Andrea Stewart : « On est toujours en création »

Concerts aux Îles du Bic | Andrea Stewart : « On est toujours en création »

Concerts aux Îles du Bic | Chloé Dumoulin ose une nouvelle lecture de Chopin

Concerts aux Îles du Bic | Chloé Dumoulin ose une nouvelle lecture de Chopin

Inscrivez-vous à l'infolettre

Inscription
Infolettre

« * » indique les champs nécessaires

Type d'abonné