Jeudi 16 juillet, le collectif musical Somos Más a investi la Scène Loto-Québec au Festival International Nuits d’Afrique. Tour à tour, les chanteuses ont investi la scène, exécutant des percussions corporelles et harmonisant leurs voix. Venues du Pérou, du Chili, de Bolivie, de République dominicaine, du Salvador, du Brésil et du Maroc, elles ont partagé leur talent, nous laissant sans voix devant la suite.
Elles ont interprété des chansons de genres musicaux variés, dont des rancheras, des cumbias, du festejo et des musiques folkloriques chiliennes et boliviennes. Certaines étaient des compositions originales des membres du groupe, tandis que d’autres étaient des chansons que beaucoup de Latino-Américains reconnaîtraient de leur enfance. Pour moi, ces genres musicaux étaient la bande-son des fêtes, des voyages en voiture, des réunions de famille et du rituel le plus important de ma famille, qui avait lieu chaque week-end : le ménage. Somos Más m’a replongée dans ces moments du quotidien qui, maintenant que je vis si loin de chez moi, sont devenus des souvenirs précieux.

J’ai été profondément touchée de voir ces femmes qui, pour différentes raisons, se sont retrouvées à Montréal et ont créé ensemble ce magnifique projet. Elles m’ont rappelé que, même si l’Amérique latine est une région vaste et diverse, nous pouvons créer des liens en nous reconnaissant dans les réalités des unes et des autres.
Somos Más a offert une performance intimiste. On pouvait ressentir la complicité, la sororité, la vulnérabilité et la solidarité dont elles parlaient dans leur interview. Chaque fois qu’une membre prenait la parole, les autres la soutenaient de leurs voix et de leurs instruments, et l’on pouvait aussi voir leur fierté envers celle qui menait le groupe ou interprétait un solo. La percussionniste, récemment arrivée dans le groupe et d’origine marocaine, m’a captivée par son talent et son incroyable polyvalence, suivant avec aisance l’exploration par le groupe de multiples traditions musicales.

Au fil du spectacle, je ne savais jamais à quoi m’attendre. J’ai ressenti une chaleur réconfortante, comme si j’étais à une fête entre amis, mêlée à une profonde admiration pour l’authenticité de chaque artiste et à un émerveillement constant face à chaque surprise qu’ils réservaient sur scène.
Somos Más a collaboré avec les danseuses Carmen et Paula de Girovago Productions, qui ont accompagné le groupe avec de la cumbia et de la danse contemporaine avant d’animer un moment interactif invitant le public à danser. La grâce des mouvements et la chaleur de leur présence ont permis au public de se connecter encore plus profondément à la musique de Somos Más. Le groupe a également collaboré avec le Centro Cultural Kusiy, dont les artistes ont présenté les danses boliviennes saya et tinku. En frappant du pied à l’unisson, les danseurs de Kusiy ont ancré la musique dans la terre et les racines indigènes d’Amérique latine.

Pour le final, tous les danseurs ont rejoint Somos Más pour interpréter un medley de trois chansons latino-américaines emblématiques : Cariñito, Canción y Huayno et Adiós Pueblo de Ayacucho, dont une partie des paroles était chantée en quechua. Une danseuse Kusiy a traversé la scène en portant le drapeau Wiphala, symbole des peuples autochtones des Andes. Ce fut une conclusion poignante, réunissant musiciens, danseurs et chanteurs pour célébrer les peuples autochtones, dont les cultures sont essentielles non seulement à l’histoire de l’Amérique latine, mais aussi à l’essence même de son identité contemporaine.
J’ai perçu ce spectacle comme une invitation à explorer ces liens. Que ce soit par un amour partagé de la musique ou un attachement commun à l’Amérique latine, nous pouvons nous soutenir mutuellement grâce à la solidarité, la communauté et l’art.
Crédit photo: Ivan Arturo























