Je suis fan de 3OH!3 depuis l’âge tendre de douze ans, lorsque j’ai entendu à la radio leur célèbre tube ironique « DONTTRUSTME ». Dégoûtée, ma mère a aussitôt éteint la radio, scellant ainsi mon destin d’admirateur clandestin de 3OH!3 pour le reste de ma vie. J’ai eu la chance de pouvoir enfin révéler au grand jour mon histoire d’amour de vingt ans avec le style musical de 3OH!3 ce week-end dernier, lors du Warped Tour.
Sautant à travers la scène vêtus de gilets haute visibilité jaune vif, Nathaniel Motte et Sean Foreman, sans aucune honte dans leur joie, sont presque aussi surexcités que la foule. Accompagnés par Jesse Bowen à la batterie et Jacob Brown à la guitare, ils se lancent dans un déferlement de tubes enchaînés sans répit. Pendant ce temps, un déluge irrévérencieux d’animations sur le thème des ovnis du Colorado, de vidéos du duo prises dans un photomaton Mac et d’images parodiques de l’image de marque de 3OH!3 est projeté au-dessus d’eux. Ce clin d’œil emphatique à l’absurdité de leur carrière offre une pause rafraîchissante face aux nombreux groupes de la scène principale, imprégnés d’une nostalgie pseudo-alternative.

La prestation de 3OH!3, qui coïncide avec la sortie récente de leur EP, m’a clairement montré que le groupe est de retour par pure passion. Contre toute attente, j’avais désespérément envie d’entendre leurs nouvelles chansons en live. Les tubes SLUSHIE et Hit Me Harder, précurseur spirituel de DONTTRUSTME, n’auraient pas déparé dans l’ambiance farouchement irrévérencieuse de leur set.
Malgré les décennies qui se sont écoulées depuis l’apogée de la popularité de 3OH!3, Motte et Foreman livrent leurs paroles grivoises et absurdes avec une conviction totale, sans pour autant perdre leur sang-froid. Je m’en voudrais toutefois de ne pas mentionner la véritable star du spectacle, Jesse Brown, qui a propulsé l’énergie d’un set électronique déjà endiablé vers de nouveaux sommets grâce à son incroyable talent et à son intensité naturelle.























