Malgré la pluie et la froideur qui balayaient le village piétonnier de Tremblant, il y a avait du soleil sur la scène de la place Saint-Bernard grâce à Ahmed Monkeka et son Moneka Arabic Jazz. Né en Irak et maintenant basée au Canada, dont il est citoyen, son enfance en Irak lui a permis de découvrir une riche culture intellectuelle dans les domaines du théâtre, du cinéma et de la télévision. Cela lui a entre autres donné l’opportunité de plonger dans un milieu musical qui mettait à l’honneur et préservait les traditions soufies afro-irakiennes, traditions qui l’habitent et qui l’animent sur scène et qu’il communique dans sa musique avec un enthousiasme et une énergie contagieuse.
Puisant dans les racines musicales des peuples africains et arabes, il mélange allègrement les genres musicaux allant du reggae, au funk en passant par le soul, Moneka et ses musiciens proposes un voyage humain à travers un mélange des genres et des esthétiques. Cela passe entre autres par des textes évocateurs et des représentations musicales évocatrices. Nommé au prix Juno pour son album Kanzafula, il en reprend plusieurs des grands titres. Il a ouvert le concert avec sa pièce The Sea, un air serein et lumineux qui, telle la mer, peut se déchaîner, comme le démontrent ses musiciens dans le postlude instrumental. Nous avons eu droit également à une participation du public dans la très belle pièce Aman, qui peut se traduire par « sécurité» et qui se veut un hymne à la protection des êtres vivants. Le contour mélodique est soyeux et la répétition du motif transcendantal, comme un mantra.
Pour mener ce concert, Ahmed Moneka était entouré d’une impressionnante brochante de musiciens, tous d’origines variées et qui ont chacun brillé dans leur expertise instrumentale. Citons le batteur canadien Max Senitt, le bassiste soudanais Waleed Abdulhamid, à qui l’on doit également des lignes d’accompagnement vocal mélismatique, le violoniste Fathi Najem d’Algérie, le saxophoniste turc Selcuk Suna ou encore le claviériste grec Demetrios Petsalakis, qui joue également de l’oud et de la guitare. La cohésion d’ensemble est maximale et le plaisir tout autant!
Pour découvrir Ahmed Moneka, son groupe, son histoire et sa musique de manière plus complète, vous pouvez consulter cette entrevue réalisée par Alain Brunet dans le cadre de l’édition 2025 du Festival du Monde arabe.























