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Souk du Sud 2026 | Une mosaïque musicale haute en couleur

par Sandra Gasana

Après la journée Souk Pro, PAN M 360 était de retour au Solar Uniquartier de Brossard pour assister à la 2ème journée de spectacles et divertissements du Souk du Sud.

Après un accueil signé Arashi Daiko, qui signifie « tambours de tempête » en japonais durant lequel le public pouvait ressentir l’énergie véhiculée par les 4 membres du groupe, direction le chapiteau tout près de là pour écouter Sensei H au micro de Mehdi Cayenne suivie d’une courte prestation au grand plaisir des festivaliers.

Tout de suite après, place au duo formé par le pianiste virtuose Simon Denizart et le batteur Michel Medrano Brindis qui était au cajon pour l’occasion. On a tout de suite était emportés par la douceur et la vigueur de ses chansons, son jeu mélodique s’alliant parfaitement bien aux percussions de Michel. Un pur moment délice que nous avons savouré.

L’autre belle découverte de la journée fut Borduas, autrice-compositrice-interprète, et entrepreneure culturelle basée à Granby. Son spectacle était à la fois tenté de douceur mais également de moments plus festifs comme dans la dernière chanson du set « Et là ». Celle qui souhaite s’exprimer davantage à travers sa musique a choisi de le faire par l’entremise de l’électro-pop, un style qui l’a inspiré durant son adolescence. Elle chante comme elle parle, ce qui représente bien sa personnalité, à la fois très douce mais avec du caractère. Elle aime parler d’émotions humaines, de rencontres, mais toujours dans la lumière, en mettant l’accent sur la résilience.

Tout de suite après, on retrouve Kelly Bado et ses musiciens : une bassiste, pianiste et choriste venue de Winnipeg avec elle et un percussionniste de Montréal qui jouait avec elle pour la première fois. Ensemble, le trio nous a offert un spectacle intimiste en plusieurs langues. Originaire de Côte d’Ivoire, cette artiste chante en anglais et en français, tout en insérant des chansons dans sa langue natale, ce qui vient enrichir son répertoire. Le public était complètement séduit et ressentait les émotions qu’elle véhiculait, surtout sur le morceau « Belles âmes ».

Après la Côte d’Ivoire, direction le Québec avec le new country québécois aux accents pop. Le nom vous est peut-être familier puisqu’Emmanuelle Boucher s’est fait connaitre après son passage à la Voix, ce qui a propulsé sa carrière. Elle a d’ailleurs joué une chanson de son plus récent opus Ma route, paru en 2025, « Soleil rosé » qui passe sur plusieurs ondes de radio. Mais en plus de son répertoire, elle nous a offert un medley de reprises de chansons québécoises qui ont bercé son enfance, mais en y rajoutant sa propre touche. Elle s’inspire d’expériences vécues, surtout des histoires d’amour mais le tout avec une énergie débordante. Une vraie entertainer qui sait comment mettre l’ambiance et partager le bonheur avec ses spectateurs.

Après les bottes et le chapeau de Cow-boy, direction la Martinique avec Nicolas Lossen, accomagné de trois musiciens québécois. Guitariste hors pair et compositeur, il est porteur d’un projet artistique passionnant et original, racontant l’histoire des communautés autochtones, afrodescendantes et européennes à travers un album consacré à chacune d’elles. Dans le cadre du Souk du Sud, il nous a présenté Native, un projet de jazz moderne mélangé avec des influences des Premières nations, né de ses recherches anthropologiques et historiques et les combinant avec des recherches musicales. Native a été enregistré à New York, on y retrouve peu de paroles mais plutôt des chansons racontant des histoires, avec un début, un milieu et une fin.

Le dernier spectacle que j’ai pu voir est nul autre que celui de Paul Cargnello, un vétéran de la scène musicale montréalaise avec plus de vingt ans d’expérience. En formule quatuor, il était accompagné par son bassiste, un batteur et une choriste qui est également chanteuse. A quatre, ils ont enflammé la scène du Souk du Sud avec leur rock, punk rock et funk endiablé mais j’étais surtout surprise de l’entendre chanter dans un français impeccable. Avec son look reconnaissable à des kilomètres, chapeau noir, lunettes fumées et veste en cuir, il a toutes les caractéristiques du rocker mais il reste engagé, surtout avec le morceau « Fascists In Our Midst », qui est la chanson qui m’est restée dans la tête après le concert. Il veut faire danser son public tout en le faisant réfléchir aux enjeux de société. Pour Paul, l’un n’exclut pas l’autre et c’est ce qu’il a pu faire au Souk du Sud en offrant de la fête et de la réflexion.

C’est aussi cela la beauté du Souk du Sud, il permet de découvrir des styles qu’on n’aurait pas nécessairement découvert autrement, tout en sélectionnant des artistes de renommée internationale et des artistes émergents sur la même scène. Un vrai souk quoi.

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