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L’excellente et très éclectique percussionniste Krystina Marcoux (Stick&Bow, Ensemble Paramirabo) sera l’artiste en résidence de la saison 26-27 des Jeunesses Musicales Canada (JMC) à Montréal. L’artiste qui dès 2012 avait remporté le premier prix à la compétition Standard Life de l’Orchestre Symphonique de Montréal, puis avait été choisie par les mêmes JMC pour une tournée à travers le Canada en 2019, aura donc la responsabilité d’organiser et présenter trois concerts pendant la saison présentée à la salle Joseph-Rouleau, avenue Mont-Royal. Trois concerts qui lui permettront de présenter toutes sortes de facettes de son instrument principal (au-delà de toutes les autres sortes de percussions), le marimba. Le marimba avec le piano, le marimba avec un autre marimba, et même le marimba avec la voix lyrique! J’ai parlé de tout cela avec Krystina.
PanM360 : Ça fait quoi d’être artiste en résidence aux Jeunesses Musicales Canada?
Krystina Marcoux : Pour être honnête, quand Danièle (LeBlanc, directrice générale et artistique) me l’a proposé, ça m’a surpris, dans le meilleur sens du terme. Je suis vraiment contente, je me trouve choyée parce que c’est une institution classique, vraiment très classique. Alors, que le marimba puisse entrer dans cette institution avec un rôle important, c’est important. J’ai l’impression que j’ai le rôle d’amener la percussion, et le marimba, sur un piédestal, tu vois. Pour moi, ça vaut tout l’or du monde.
Et puis, j’ai une belle relation avec les JMC. Ce sont les JMC qui ont été la première étincelle, pour lancer le duo Stick&Bow (marimba/violoncelle, avec Juan Sebastian Delgado). Il y a un beau merci que je veux leur faire aussi dans tout ça, d’une certaine façon.
PanM360 : On t’a donc confié la tâche de conceptualiser, monter et organiser trois concerts. Comment as-tu choisi les trois concepts? Et pourquoi?
Krystina Marcoux : Chacun est assez différent. Pour le premier, j’ai choisi de faire un duo avec piano car ça faisait vraiment longtemps que j’avais envie de jouer un programme en duo avec cet instrument. Dans Stick&Bow, c’est moi qui porte le poids harmonique. J’avais envie de changer de rôle, tu vois.
Et ça fonctionne super bien, parce que tu as deux instruments qui sont percussifs, tu as deux instruments qui peuvent chanter, tu as deux instruments qui peuvent être très puissants, mais aussi très fins. Et ça nous a permis d’aller chercher du répertoire connu. C’est un concert qui s’éloigne beaucoup de ce qu’on fait avec le duo Stick&Bow.
Avec Chloé (Dumoulin, la pianiste qui jouera au concert avec moi), on va plutôt chercher du répertoire orchestral connu, qu’on réarrange. Il y aura Le Sacre du printemps, La Danse Macabre de Saint-Saëns et du Gershwin. Je ferai peut-être un Bach en solo pour mon propre plaisir, parce que j’aime ça, tout simplement.
PanM360 : Ça, c’est le premier concert. Le deuxième, lui?
Krystina Marcoux : Celui-là, c’est un peu le hasard de la vie, parce que quand Danièle m’a contactée, ça adonnait que j’étais invitée en Espagne comme soliste pour jouer un concerto.
Et à ce moment, je suis allé à Madrid pour revoir un ami que j’avais rencontré en 2009 ou 2010. J’avais à peu près 20 ans, tu vois. Je ne sais plus. En tout cas, je me souviens d’avoir flashé sur ce marimbiste, Conrado Moya. C’est pas possible de jouer comme ça. Aujourd’hui, il mène une belle carrière de soliste. On s’est reconnectés à ce moment comme si on ne s’était pas perdu de vue pendant ces 15 années.
Il est venu me voir jouer, et après le concert il vient me parler et me dit ‘’OK, il faut qu’on fasse quelque chose ensemble.’’ Puis pour moi, c’était comme si Yo-Yo Ma disait à Juan Sebastian (Delgado, violoncelliste, compagnon et partenaire de Stick&Bow), on va faire un projet ensemble. Conrado est quelqu’un que j’admire beaucoup. Son toucher au marimba, sa façon d’interpréter la couleur, l’énergie, tout ça, c’est d’une finesse absolument folle.
Donc, quand Danièle des JMC après m’a proposé trois concerts, je me suis dit qu’il fallait que un de ceux-là soir avec Conrado.
PanM360 : Un concert à deux marimbas donc. Qu’est-ce que ce sera comme répertoire?
Krystina Marcoux : On va faire du Bach. Pas le choix, il faut le faire! On va faire le Concerto italien, mais aussi des œuvres pour orgue, de chorals, etc. C’était certain de toutes façons que le point de départ, ce serait Bach. Après, on va intégrer trois époques. Il y a une œuvre récente pour le duo et écrite par un ami commun (Chain I,II,III d’Arkadiusz Katny). Puis il y aura Ma mère l’Oye de Ravel. Ça marche parfaitement aux marimbas!
Je pense que c’est très important pour les percussions d’avoir accès à quelqu’un de ce niveau qui vient ici.
PanM360 : Et le troisième programme, ce sera un duo marimba/soprano, avec Caroline Gélinas. Ça c’est très inusité! Comment as-tu eu cette idée?
Krystina Marcoux : L’idée, pour vrai, c’est venu de Caroline. Une idée qui remonte à 2018, je pense. Caroline m’avait approchée parce qu’elle voulait faire un programme marimba et voix, justement. C’était pour une audition où on avait joué quelques œuvres. Et on avait adoré le processus. La couleur du marimba fonctionne super bien avec le timbre de sa voix. Les deux peuvent se marier aisément, mais peuvent aussi être aux deux extrêmes Là-dedans, mon rôle se rapproche plutôt de celui du piano. J’assure l’élément harmonique en quelque sorte.
Cette fois, avec les JMC, c’était l’occasion d’aller au bout de l’idée. Puis, avec Caroline, ce qui est le fun, c’est qu’on va vraiment faire un spectacle avec une mise en scène. On va aller plus loin que le concert conventionnel.
Nous allons explorer la question de l’éphémère. Qu’est-ce qui existe dans un moment présent? Qu’est-ce que ça veut dire aujourd’hui d’être une femme dans le monde qui change? On est pile dans l’âge aussi où les gens nous posent toujours la question. « Ah, êtes-vous maman? Ah, allez, vous êtes maman? » Toutes ces choses-là, qu’est-ce que ça veut dire? Où est-ce qu’on en est? On va essayer de garder ça réellement ouvert pour que ça puisse parler un peu à tout le monde.
Et la musique qu’on est en train de choisir, ça je t’avoue que même malgré la liste de répertoires, on est encore en train de travailler parce qu’il y a plus de défis en raison des arrangements qu’il faudra faire. J’en fais quelques-uns, on teste ensemble et on se dit « Hum, ok. » ou « Ouais, ok, ça marche plus ou moins, j’aime pas ça.»
Ce sera peut-être un peu dramatique, un peu drôle. On va essayer de se promener là-dedans.
PanM360 : Qu’est-ce qui est le plus important pour toi dans cette résidence?
Krystina Marcoux : Je veux mettre le marimba de l’avant. Démontrer que c’est un instrument à part entière, qui peut tout faire, qui est polyvalent. C’est ce que je vais essayer de montrer au public.
PanM360 : Merci et bonne saison aux JMC!
CONCERTS :
- Danse, rythme et feu: le 15 octobre 2026
- Trilogie intemporelle: le 28 janvier 2027
- Embrasser l’éphémère: le 17 mars 2027
INFORMATIONS : jmcanada.ca
BILLETTERIE : Concerts apéro






















