Un duo claviers/batterie, ça ne court pas tellement les rues… Qui plus est du genre formé de Simon Côté-Lapointe et Magella Cormier. Les deux iconoclastes travaillent ensemble depuis une vingtaine d’années (dans divers projets). Sous leurs deux noms contigus, on avait particulièrement apprécié l’album Topochronies de 2024. On y entendait le genre de délirium sonore contrôlé et focalisé qu’on remarque ici, mais peut-être en plus poli, parfois lyrique, parfois jazz reconnaissable. Singularités pousse l’indépendance et l’anarchie ‘’groundée’’ vers de nouvelles hauteurs extatiques.
Du bruitisme au jazz libre, en passant par le funk psychédélique et la pseudo-trame sonore, tissés de fils synthétiques à la fois expérimentaux, avant-gardistes et classic eighties’ (certaines pièces rappellent l’univers de Brad Fiedel dans la musique de Terminator, le premier en 1984), on se délecte de l’explosion d’abandon émotionnellement viscéral de la généreuse suite de 17 plages. Généreuse en effet, peut-être même trop, rendue à un certain point. N’empêchent, même s’il faut faire une pause quelque part au milieu, on s’amuse ferme et on trippe ben fort dans ces Singularités.
Le genre d’album qu’on ne voit pas venir, avant d’être frontalement abasourdi par son originalité, son audace et le plaisir inattendu qu’il procure.
Simon Côté-Lapointe : claviers Korg minilogue, Crumar Mojo 61, Novation MiniNova, voix
Magella Cormier : batterie, percussions






















