Le pianiste montréalais Simon Boisseau s’est fait remarquer dans quelques courtes apparitions pop avec Fredz et Émile Bourgault. Mais sa carrière soliste est encore plus étoffée avec deux albums déjà au compteur (Colorblind, 2019, et Le déjeuner, 2023), auquel s’ajoute maintenant ce troisième opus nommé Les fausses illusions.
Si les deux premiers avaient toutes les caractéristiques de l’école néoclassique contemporaine, cette nouvelle parution s’habille de couleurs plus cinématographiques, autant dans les arrangements (qui incluent parfois quelques cordes et de l’électro, même si très discrètes) que dans la prise de son et la production studio. Alors que dans les opus précédents le piano de Simon était capté clairement, ici il est souvent enveloppé d’un voile délicat qui lui donne une projection feutrée. Je me suis demandé occasionnellement si l’artiste avait ‘’préparé’’ son piano (comme le faisait John Cage, quand il insérait des morceaux de bois ou de métal entre les cordes de son instrument afin de lui donner des sonorités étonnantes). Dans ce cas, j’imaginais des morceaux de ouate pour atténuer la résonance de son jeu.
Quelques réminiscences classiques apparaissent au détour de certaines mélodies (Satie dans J’ai les yeux pleins d’eau, Bach dans Et si je pleurais) et une excellente reprise d’André Gagnon, Wow, est à souligner. Boisseau y apporte une actuelle, comme si elle avait été écrite pour un jeu vidéo de fantasy épique, où le héros parcourt un vaste panorama étranger. Un habillage électro délicat met du velours sur ce panorama sonore séduisant. Une très belle reprise, respectueuse et personnelle à la fois.
Simon Boisseau sera en concert aux dates suivantes, entre autres :






















