The Plastic Waste Band est un quintette montréalais qui mérite infiniment plus d’attention que ce qu’il reçoit des médias traditionnels. Férocement original, musicalement très avancé, émotionnellement authentique, le band déploie un univers sonore que l’on dit évoquer ‘’Led Zeppelin s’invitant inopinément à un concert avec le quartette de Coltrane’’, ce à quoi j’apporterai des nuances. On pourrait par contre ajouter pleins d’autres trucs, mais en fin de compte on ne ferait que tourner autour du pot car, si les influences sont multiples, le produit final est unique.
Les ‘’déchets plastiques’’ ne font pas dans la virtuosité libertaire ou dans la rugosité harmonique d’un certain jazz moderniste, contrairement à la référence coltranienne plus haut. Les interventions de la principale soliste, Claire Devlin au saxo et à la flûte, demeurent rythmiquement relaxes. La pulsation est appuyée, souvent lourde (et là, on est effectivement chez Led Zep). La référence zeppelinienne est encore plus évidente quand les guitares se tordent et grincent violemment (North of the North Pole, Nose Prose). Ajoutez ici et là des ambiances planantes qui nous rapprochent du post-prog (Dream Cake, WasToBe), parsemées de commentaires intuitifs des solistes qui, tout en demeurant héritiers du jazz, s’émancipent résolument du modèle hard bop contemporain.
Alors que Anything But You semble planer en apesanteur, Inner Gimbals s’élance lestement dans une trame énergique, accentuée par les picorements de la guitare pour offrir une conclusion aérée qui équilibre l’ensemble du programme.
Un très bon album qui sait offrir ce qu’il faut de groove, de muscle et de virtuosité improvisatoire pour satisfaire les musicophiles les plus chevronnés.
John Buck, batterie/percussions
Ethan Cohn, contrebasse
Claire Devlin, saxophone, flûte, clarinette basse
Jean-Michel Leblanc, guitare
David Lemyre, guitare






















