Il y a toujours un roi autoproclamé de la soul couronné à Osheaga, et cette année, le trône s’est incliné en faveur de Leon Bridges, à une heure trop tôt pour sa propre envergure. Il est arrivé comme une rumeur, à la dernière minute, en milieu d’après-midi, vêtu d’un survêtement Adidas bleu et de chaussures assorties, rayonnant comme une fusée de détresse UV sur la scène.
Ses choristes scintillaient de vert tropical et d’or, formant un petit écosystème humide derrière lui, et pendant Tears of Joy, leurs voix s’enroulaient comme une vapeur douce, si douce. C’était tellement, tellement familier que j’aurais pu jurer l’avoir déjà entendu dans une autre vie. Il s’avère que c’est tout nouveau, un avant-goût de Happiness Anytime de Leon Bridges, qui sortira en septembre, et qui hante déjà les ondes.

Bridges, c’est comme si Marvin Gaye s’était réincarné à travers un miroir déformant : le même phrasé velouté, mais ses pieds exécutent des mouvements à la fois ancestraux et étranges. En plein milieu d’une chanson, presque au milieu d’une phrase, il se met à faire un moonwalk ou une « camel walk ». Lui et son groupe répètent manifestement énormément. Good Thing s’est glissé entre des morceaux plus récents, la transition étant à peine perceptible, tandis que Bridges semblait flotter en toute légèreté tout au long du morceau. Il faut rendre hommage à la section de cuivres, et je suis sûr qu’ils ont joué The River ou Texas Sun, mais plusieurs de mes amis et moi avons dû partir pour aller voir Wolf Alice. C’est comme ça dans un festival. Quoi qu’il en soit, Leon Bridges a été la première partie parfaite pour mon Osh cette année.
Cprédit photos: Benoit Rousseau























