Alain Trudel a développé un son de grande qualité avec l’Orchestre symphonique de Laval, en témoignent plusieurs excellents enregistrements au fil des années. Le voici désormais à la tête de l’Orchestre symphonique de Trois-Rivières (OSTR), pour lequel il met rapidement à contribution son talent avec une première captation discographique sous étiquette Atma. C’est rien de moins que la Maison symphonique de Montréal qui sert d’écrin pour ce qu’on entend (avec la salle Oscar-Peterson de l’Université McGill). Un écrin qui permet, heureusement, de laisser briller la très belle qualité musicale déployée par l’Orchestre, ses premières chaises, et les solistes Valérie Milot (harpe) et Élisabeth Pion (piano).
Trudel lance le programme avec un Tombeau de Couperin joliment ciselé et agréablement dessiné grâce à de très beaux solos des différents pupitres (flûte, hautbois, cor, clarinette, etc.) des vents, ardemment réquisitionnés dans cette partition effervescente.
La Pavane pour une infante défunte est délicatement esquissée, alors que l’Introduction et Allegro pour harpe et orchestre reçoit une attention soignée de la soliste Valérie Milot, richement soutenue par l’orchestre.
Élisabeth Pion s’accapare vivement des lignes tortueuses et foisonnantes de détails du Concerto en sol. Trudel la suit sans coup férir et le résultat est une performance qui a passablement de panache.
Les musiciens de l’OSTR démontrent beaucoup de caractère. On reconnaît, cela dit, plusieurs noms que l’on voient aussi dans plusieurs orchestres montréalais (Métropolitain, Laval, Orchestre classique, etc.). Au Québec, exception faite de l’OSM, les vases se doivent d’être communicants entre les diverses phalanges pour que les musiciens puissent espérer vivre de leur art.
N’empêche, Alain Trudel peut se vanter d’amener son OSTR à dépasser son statut d’orchestre ‘’régional’’ de façon convaincante avec cette récente parution.






















