art-rock / indie pop / R&B / soul-jazz

OSHEAGA 2026 | Blood Orange, au yable la promo, place au divin

par Stephan Boissonneault

À la seconde où Wet Leg finit de faire exploser son petit pétard post-punk, la ligne de basse de « I Wanna C U » de Blood Orange s’infiltre depuis la scène de la Montagne, comme pour nous défier de la distinguer. Devonté Hynes et sa bande — batteur, claviers et deux choristes qui pourraient sans problème fonder leur propre église à ce stade — lancent cette amorce d’une minute chrono pour nous plonger directement dans Saint, extrait de Negro Swan. Je m’attendais à ce qu’il joue quelques titres du récent Essex Honey, parce que c’est ce qu’on est censé faire : promouvoir un nouvel album ? Mais Hynes s’en fou probablement. Il garde d’ailleurs un gros casque de studio sur les oreilles pendant tout le concert — producteur un jour, producteur toujours.

À un moment donné, je jure avoir entendu le fantôme d’une reprise de Björk traverser le mix — à moins que ce ne soient les edibles qui me parlaient à l’oreille. Puis Hynes se met à shredder comme s’il était possédé par le fantôme de Freddie King, balançant un son de guitare rétro digne d’un papa fan de blues, tout en marmonnant ses paroles comme s’il n’était pas sûr que le public soit digne de les entendre. Et puis la pluie s’invite pile au bon moment — évidemment — juste quand le groupe enchaîne doucement sur Somewhere In Between, de loin le meilleur morceau du dernier album. Hynes troque sa guitare pour les synthés et laisse le champ libre à ses choristes. Et honnêtement, elles ont un registre vocal à faire pâlir de jalousie n’importe quel autre groupe dont elles ne sont pas la tête d’affiche.

Hynes s’efface dans le décor pendant un moment, parfaitement satisfait d’être juste un dude sur scène, jusqu’à ce qu’il empoigne son violoncelle électrique gorgé de réverbération. Il nous sort alors quelque chose de l’ordre du divin — effets de la drogue ou pas. C’était comme une trouée dans le ciel, laissant filtrer un rayon de soleil venu nous dire coucou.

On a droit à un ou deux titres de plus d’Essex Honey, dont l’émerveillement presque enfantin de Countryside, avant qu’il ne conclue avec Champagne Coast — coupé net au milieu de la chanson par les dieux du festival. Bon, c’est vrai que Blood Orange avait commencé avec cinq minutes de retard, mais était-ce vraiment nécessaire de lui faire un coup de pute pareil ? Maudit, quel concert quand même. En route pour le suivant.

Photos de Tim Snow

Tout le contenu 360

Orientalys 2026 | Rakcha Band, jazz-funk-fusion de Tunisie transplanté à MTL

Orientalys 2026 | Rakcha Band, jazz-funk-fusion de Tunisie transplanté à MTL

L’OSM au BIG O, un cinquantenaire pop symphonique

L’OSM au BIG O, un cinquantenaire pop symphonique

Orientalys 2026 | DJ Mina, du chant sacré au DJisme oriental !

Orientalys 2026 | DJ Mina, du chant sacré au DJisme oriental !

Orientalys 2026 | Du 13 au 16 août, les meilleures prises du festival!

Orientalys 2026 | Du 13 au 16 août, les meilleures prises du festival!

Présence autochtone | En attendant la (vraie) Grande Paix de MTL, Forestare, Joséphine Bacon, Richard Desjardins et tant d’autres sur scène

Présence autochtone | En attendant la (vraie) Grande Paix de MTL, Forestare, Joséphine Bacon, Richard Desjardins et tant d’autres sur scène

Orientalys 2026 | Qi Shen et Jasmine Xu, un duo erhu/piano, mère/fille, à découvrir

Orientalys 2026 | Qi Shen et Jasmine Xu, un duo erhu/piano, mère/fille, à découvrir

Présence autochtone | Leonard Sumner, une autre perspective

Présence autochtone | Leonard Sumner, une autre perspective

Margaret Glaspy – I Am Both

Margaret Glaspy – I Am Both

DOMi & JD BECK – WHO ASKED?

DOMi & JD BECK – WHO ASKED?

Présence autochtone | Rei hydrate et décolonise

Présence autochtone | Rei hydrate et décolonise

Présence autochtone | Big Tones et DJ Shub, indigènes du présent et de l’avenir

Présence autochtone | Big Tones et DJ Shub, indigènes du présent et de l’avenir

Orientalys 2026 | Alex Iskandar : porteur de traditions de l’Asie centrale à Montréal

Orientalys 2026 | Alex Iskandar : porteur de traditions de l’Asie centrale à Montréal

Présence Autochtone I Anyma Ora envoûte la Place des Festivals

Présence Autochtone I Anyma Ora envoûte la Place des Festivals

Jacob Wutzke – Double Down

Jacob Wutzke – Double Down

Alain Trudel; Orchestre symphonique de Trois-Rivières; Élisabeth Pion; Valérie Milot – Ravel

Alain Trudel; Orchestre symphonique de Trois-Rivières; Élisabeth Pion; Valérie Milot – Ravel

Domaine Forget 2026 | Marc Hervieux chante 35 ans de carrière

Domaine Forget 2026 | Marc Hervieux chante 35 ans de carrière

Présence autochtone I Rei: décoloniser par le rap maori, procurer du bonheur

Présence autochtone I Rei: décoloniser par le rap maori, procurer du bonheur

Concerts aux Îles du Bic | Robin Servant : la musique comme lieu de rencontre

Concerts aux Îles du Bic | Robin Servant : la musique comme lieu de rencontre

Domesicle Series: The Story of Sister Zo

Domesicle Series: The Story of Sister Zo

Domaine Forget 2026 | Bach éternel et éternelles passions avec Rachel Barton Pine

Domaine Forget 2026 | Bach éternel et éternelles passions avec Rachel Barton Pine

OSHEAGA 2026 I Mother Mother is Still Ghosting Our Dreams

OSHEAGA 2026 I Mother Mother is Still Ghosting Our Dreams

OSHEAGA 2026 I CMAT Vs. The World

OSHEAGA 2026 I CMAT Vs. The World

Lanaudière 2026 | Macbeth, une tragédie portée par des voix d’exception

Lanaudière 2026 | Macbeth, une tragédie portée par des voix d’exception

OSHEAGA 2026 | Lorde clôture le festival Osheaga au rythme de son propre cœur

OSHEAGA 2026 | Lorde clôture le festival Osheaga au rythme de son propre cœur

Inscrivez-vous à l'infolettre

Inscription
Infolettre

« * » indique les champs nécessaires

Type d'abonné