Little Simz avait tout pour surprendre lors de la journée la plus rock de cette édition d’Osheaga, ceinturée de groupes comme Angine de Poitrine, Viagra Boys, Franz Ferdinand et Turnstile. Accompagnée par ses musiciens de tournée à la basse, à la guitare et à la batterie, elle a offert l’une des prestations les plus marquantes du festival en débutant avec l’énergie explosive de Thief, pièce d’ouverture de son album Lotus.
Vêtue d’un chandail à l’effigie d’Aang, le personnage principal de la série animée Avatar: The Last Airbender, elle affichait dès son entrée cette attitude à la fois cool, décontractée et singulière qui allait caractériser toute sa prestation.
Dès les premières envolées lyriques, son magnétisme s’impose sans artifice. Les percussion dynamique aux influences garage, les lignes de guitare abrasives et les lourdes basses de la chanson créent une tension presque punk, amplifiée par un immense lotus noir et blanc parcouru d’électricité derrière le groupe. Avec Flood etYoung, elle poursuit dans cette direction plus brute avant de replonger dans l’univers introspectif de Sometimes I Might Be Introvert avec I Love You, I Hate You.
Le moment fort arrive avec Venom. Seule sur scène, Little Simz a une présence royale : son flow précis et son intensité donnent l’impression que chaque mot porte un poids physique. Puis, sans perdre son élan, elle transforme la scène en club en passant derrière les platines pour revisiter l’univers électronique de ses EP Drop 7 et Sugar Girl. Casque sur une oreille, elle transforme instantanément l’espace en club nocturne. Sur Mood Swings, Game On et SOS, elle explore une nouvelle facette de son identité sonore, entre rythmes percussifs, house tribale et influences brésiliennes, invitant la foule à danser.
De retour avec son groupe, elle enchaîne les moments forts : Lion, morceau célébratoire où elle revendique fièrement ses accomplissements, accompagné d’un visuel aux couleurs chaudes affichant en arrière-plan « We don’t care for what they say, that’s my superpower », alors que la silhouette d’un homme prenant une pose de force apparaît à l’écran. Elle poursuit ensuite avec Point and Kill, porté par une ligne de basse sinueuse et des cuivres rappelant l’afrobeat de Fela Kuti, un moment rassembleur où la foule reprend les paroles avec elle. Enfin, Woman apporte une touche plus soul et élégante, avant que Gorilla ne conclue sa performance avec son assurance triomphante, l’ombre de Little Simz apparaissant en contre-jour dans une esthétique monochrome.
Cette prestation aura rappelé l’étendue de la palette sonore de Little Simz, toujours prête à repousser ses propres frontières en explorant de nouveaux territoires musicaux. Entre puissance, vulnérabilité et plaisir communicatif, elle confirme qu’elle possède la stature des grandes figures du hip-hop contemporain.

Photos by Benoit Rousseau























