dance-punk / post-punk

OSHEAGA 2026 I Viagra Boys au centre d’un gigantesque défouloir

par Marc-Antoine Bernier

Samedi à 18 h 55, sur la Scène de la Vallée d’Osheaga, les Viagra Boys n’ont pas perdu de temps avant de transformer le site en gigantesque défouloir.

Dès Man Made of Meat, le logo Infinite Anxiety Tour s’affiche derrière le groupe avant de céder progressivement la place à une succession de captations en noir et blanc fortement contrastées, de bains de lumière rouge et d’effets glitch ponctués d’images presque subliminales.

Au centre de cette déferlante visuelle, Sebastian Murphy débarque torse nu, tatouages bien en vue, avec l’assurance d’un provocateur aussi imprévisible que charismatique. Derrière lui, les six musiciens propulsent le tout à coups de lignes de basse massives, d’une batterie implacable et d’un saxophone déchaîné qui fait constamment basculer le post-punk vers quelque chose de beaucoup plus dansant.

Viagra Boys démontre rapidement que derrière son humour absurde se cache une mécanique redoutable. Chaque morceau repose sur un groove implacable qui transforme ce post-punk sale et nerveux en une irrésistible invitation à danser. Punk Rock Loser est repris à pleins poumons par la foule, Ain’t No Thieffait spontanément taper des mains, tandis que Uno II offre un moment plus relâché sans faire retomber l’énergie. Le solo de saxophone qui conclut Down in the Basement provoque même une scène improbable : une partie de la foule se met à en hurler les notes, comme si le musicien lançait un appel auquel son propre clan répondait.

Murphy ponctue le concert de quelques sorties irrévérencieuses, lançant notamment un « Free Palestine » avant Troglodyte, puis laisse les chansons parler d’elles-mêmes. L’absurde atteint son sommet avec Sports, dont la litanie de mots lancée d’une voix détachée est reprise avec un enthousiasme contagieux par un public qui sait exactement ce qui s’en vient et explose au premier « SPORTS! ».

Le finale, Research Chemicals,résume parfaitement l’esprit du groupe. Murphy descend surfer sur la foule avant de tenter quelques pompes avec une détermination inversement proportionnelle à ses talents d’athlète, pendant que le saxophone se déchaîne au-dessus d’une basse hypnotique. Les Viagra Boys donnent l’impression qu’un groupe de marginaux a accidentellement trouvé le moyen de devenir une excellente machine à faire danser, et personne n’a envie de corriger l’erreur.

Tout le contenu 360

Akousma | Ka Baird, radicalisme un peu mince…

Akousma | Ka Baird, radicalisme un peu mince…

Akousma | .618, Vows of Return, échos d’un rituel

Akousma | .618, Vows of Return, échos d’un rituel

Acousma | Constellation d’Alexis Blais, une mécanique céleste et sensible

Acousma | Constellation d’Alexis Blais, une mécanique céleste et sensible

Akousma | Lost In Liquid Noise, quelque part entre l’art et le documentaire scientifique

Akousma | Lost In Liquid Noise, quelque part entre l’art et le documentaire scientifique

Akousma | Matière limpide pour Eaux mêlées

Akousma | Matière limpide pour Eaux mêlées

Akousma | Mélanie Zhou et les échos du deuil

Akousma | Mélanie Zhou et les échos du deuil

Akousma | Le legs de feue Chantal Dumas

Akousma | Le legs de feue Chantal Dumas

Akousma | Manipulations en temps réel et douce violence chez Xavier Ménard et Diego Bermudez-Chamberland

Akousma | Manipulations en temps réel et douce violence chez Xavier Ménard et Diego Bermudez-Chamberland

Akousma | Synthèse rétroactive selon Alex Brisson

Akousma | Synthèse rétroactive selon Alex Brisson

Akousma | Manuella Blackburn, une poétique de l’ordinaire

Akousma | Manuella Blackburn, une poétique de l’ordinaire

Oktoecho x FMA | Katia Makdissi-Warren, 25 ans de pratiques métissées et nouvelles collaborations symphoniques

Oktoecho x FMA | Katia Makdissi-Warren, 25 ans de pratiques métissées et nouvelles collaborations symphoniques

Guillaume Côté et Les Songes d’une nuit d’été : le chorégraphe nous parle de son rapport intime avec la musique

Guillaume Côté et Les Songes d’une nuit d’été : le chorégraphe nous parle de son rapport intime avec la musique

SQMC/Chapelle historique du Bon-Pasteur : à la découverte de la musique contemporaine québécoise

SQMC/Chapelle historique du Bon-Pasteur : à la découverte de la musique contemporaine québécoise

OSM | De la virtuosité de Kavákos au flamboyant Oiseau de feu

OSM | De la virtuosité de Kavákos au flamboyant Oiseau de feu

Jayleen McCarty : «Je ne suis pas née reine, je le suis devenue»

Jayleen McCarty : «Je ne suis pas née reine, je le suis devenue»

Akousma| Felix Deufel nous fait découvrir la richesse sonore inouïe de l’Arctique

Akousma| Felix Deufel nous fait découvrir la richesse sonore inouïe de l’Arctique

Akousma | Les Artefacts sonores de Roxanne Turcotte

Akousma | Les Artefacts sonores de Roxanne Turcotte

Akousma | Duo Audréanne Filion et Myriam Bleau : là où réel et virtuel se confondent

Akousma | Duo Audréanne Filion et Myriam Bleau : là où réel et virtuel se confondent

Akousma | Exzald S, la violence du calme

Akousma | Exzald S, la violence du calme

Mois du Créole 2026 | Richy Jay fait vivre le konpa et le zouk à Montréal

Mois du Créole 2026 | Richy Jay fait vivre le konpa et le zouk à Montréal

OSM | D’un quatuor à l’autre à Bourgie, Debussy révèle toute la complicité des musiciens de l’OSM

OSM | D’un quatuor à l’autre à Bourgie, Debussy révèle toute la complicité des musiciens de l’OSM

Akousma | Melanie Zhou : façonner le son, traduire l’émotion

Akousma | Melanie Zhou : façonner le son, traduire l’émotion

Akousma | Alex Brisson et l’exploration musicale du feedback

Akousma | Alex Brisson et l’exploration musicale du feedback

Caprice au 9e : un agréable essai de rencontre baroque et carnatique

Caprice au 9e : un agréable essai de rencontre baroque et carnatique

Inscrivez-vous à l'infolettre

Inscription
Infolettre

« * » indique les champs nécessaires

Type d'abonné