Une immense fresque sonore de quelque quarante minutes pour 12 guitares lap steel amplifiées et électronique, qu’est-ce que cela vous dit? Pour quelqu’un comme moi, insatiable curieux et aventurier de la chose musicale, une grande excitation. Et peut-être vous aussi, j’espère.
Après dix ans de travail, ‘Vestiges’ émerge d’une exploration de la mémoire, de la disparition et de la persistance des traces sonores au fil du temps.
C’est ce que nous dit le dossier de presse. En effet, il y a quelque chose dans cette musique qui nous met en face d’une vastitude cosmique, comme un abîme temporel, une vision qui porte vers un infini à la fois bouleversant et apaisant.
La musique d’Alary s’épanouit très, très lentement, comme si le passage du temps se faisait dans la perspective d’un observateur devant un objet en plongée vers l’horizon des événements d’un Trou noir. Jamais, presque, Alary ne laisse ses instruments prendre les atours et les textures piquées qu’on pourrait entendre dans du blues ou du country. Ce sont essentiellement des nuées sonores se déplaçant lentement qui sont créées, avec un petit peu d’aide de l’édition électronique.
LISEZ L’ENTREVUE CONCERNANT LA CRÉATION DE VESTIGES EN 2025, À MONTRÉAL
Subtile exception, cela dit, dans le 4e mouvement, qui débute sur une trame légèrement frémissante et lumineuse, avant de sombrer dans des profondeurs ténébreuses et inquiétantes, calmement déposées dans les zones les plus graves de la musique.
Il y a quelque chose de la musique de Hans Zimmer pour Dune de Denis Villeneuve ici, en plus serein et apaisant.
Merci à Isak Goldschneider et Innovations en concert pour avoir permis la création de cette œuvre sans pareille.






















