Franz Ferdinand – The Human Fear

· par Marilyn Bouchard

Franz Ferdinand, ayant fait éruption durant la frénésie dansante du Brit indie-rock des 00s et explosé avec You could have it so much better reviennent après 7 ans avec The Human Fear, un album de 11 chansons mélangeant habilement la nostalgie et la modernité. Habité d’une énergie différente, bien que fidèle aux pôles « rock » et « dance » de la formation, on y retrouve les habituels riffs de guitare pointus ainsi que les vocals à la fois bruts et recherchés de Kapranos, mais cette fois plus que jamais agrémentés de cette teinte méditerranéenne qui colle au son de la formation depuis ses débuts. Un album dynamique, creusant plus de complexité, quitte à y laisser un peu d’exaltation punk derrière, toujours avec une touche de bonne humeur. « A bunch of songs searching for the thrill of being human via fears » comme le décrit le leader.

Dès l’ouverture de l’entraînante Audacious, on est frappé par la texture de la voix nous ramenant inexorablement à Julian Casablancas sur cette composition aux teintes power-pop, avec l’orgue amusant et son refrain comme un leitmotiv. La voix d’Alex commence a cappella sur la mélodie inventive et faite pour la piste d’Everydaydreamer, rejoint par les chœurs féminins, la trompette et le synthé ajoutant un peu de 80s à la touche prog. The Doctor, aussi très dansante, se démarque par son caractère plus alternatif, entre les influences de Sparks et le jam synth-punk. L’électro-rock Hooked, avec son synthé de style EDM, est rafraîchissante, bien que pouvant sembler plus étrange pour ceux moins familiers avec leur catalogue. La sinueuse Build it up, une de mes préférées de l’album, nous rappelle les premières heures de Franz Ferdinand, agrémenté d’un discours plus que nécessaire de partager ces jours-ci et d’une ornementation habile de la guitare. Night or Day, la plus accrocheuse de l’opus selon moi, est construite sur une magnifique écriture et mélodie vocale prenante, bien enveloppée par les couches de la production de Mark Ralph.

Tell me I shoud stay  s’ouvre avec une mélodie néo-classique sur le banc craquant, qui fait revivre avec  Bar Lonely un certain lustre du glamour des années 70, avec un piano plus présent que sur les autres albums. et  ouvre sur la banc craquant d’une mélodie néo-classique. On sent, tout au long de l’écoute, l’influence méditerranéenne qui n’est jamais bien loin dans les tonalités, progressions et instruments mais jamais autant que sur Black Eyelashes, une sorte d’hommage au rébétiko, un style de musique grec via lequel Alex est allé chercher le bouzouki pour explorer ses racines. On termine en beauté sur la mélodie de guitare hypnotique et post-punk de la libératrice The Birds.

Un album qui martèle, rempli de synthés uniques et de guitares dansantes, avec suffisamment de la recette de premières heures pour qu’on reste accroché à ce sentiment d’optimisme britpop qui réussit à conserver sa signature tout en transitionnant gracieusement vers plus de maturité musicale. La formation ne se contente plus d’être fidèle à leur côté dancefloor new-wave : ils veulent désormais se rafraîchir en explorant les confins de leur univers groovy. Un des meilleurs albums de la formation, inventif et complexe, où on retrouve juste assez les Franz Ferdinand d’avant pour plonger avec eux dans ceux du présent, qui nous guident ici pour surmonter et accepter nos peurs avec brin d’auto-dérision.

Tout le contenu 360

Acousma | .618, échos d’un rituel

Acousma | .618, échos d’un rituel

Acousma | Constellation d’Alexis Blais, une mécanique céleste et sensible

Acousma | Constellation d’Alexis Blais, une mécanique céleste et sensible

Akousma | Lost In Liquid Noise, quelque part entre l’art et le documentaire scientifique

Akousma | Lost In Liquid Noise, quelque part entre l’art et le documentaire scientifique

Akousma | Matière limpide pour Eaux mêlées

Akousma | Matière limpide pour Eaux mêlées

Akousma | Mélanie Zhou et les échos du deuil

Akousma | Mélanie Zhou et les échos du deuil

Akousma | Le legs de feue Chantal Dumas

Akousma | Le legs de feue Chantal Dumas

Akousma | Manipulations en temps réel et douce violence chez Xavier Ménard et Diego Bermudez-Chamberland

Akousma | Manipulations en temps réel et douce violence chez Xavier Ménard et Diego Bermudez-Chamberland

Akousma | Synthèse rétroactive selon Alex Brisson

Akousma | Synthèse rétroactive selon Alex Brisson

Akousma | Manuella Blackburn, une poétique de l’ordinaire

Akousma | Manuella Blackburn, une poétique de l’ordinaire

Oktoecho x FMA | Katia Makdissi-Warren, 25 ans de pratiques métissées et nouvelles collaborations symphoniques

Oktoecho x FMA | Katia Makdissi-Warren, 25 ans de pratiques métissées et nouvelles collaborations symphoniques

Guillaume Côté et Les Songes d’une nuit d’été : le chorégraphe nous parle de son rapport intime avec la musique

Guillaume Côté et Les Songes d’une nuit d’été : le chorégraphe nous parle de son rapport intime avec la musique

SQMC/Chapelle historique du Bon-Pasteur : à la découverte de la musique contemporaine québécoise

SQMC/Chapelle historique du Bon-Pasteur : à la découverte de la musique contemporaine québécoise

OSM | De la virtuosité de Kavákos au flamboyant Oiseau de feu

OSM | De la virtuosité de Kavákos au flamboyant Oiseau de feu

Jayleen McCarty : «Je ne suis pas née reine, je le suis devenue»

Jayleen McCarty : «Je ne suis pas née reine, je le suis devenue»

Akousma| Felix Deufel nous fait découvrir la richesse sonore inouïe de l’Arctique

Akousma| Felix Deufel nous fait découvrir la richesse sonore inouïe de l’Arctique

Akousma | Les Artefacts sonores de Roxanne Turcotte

Akousma | Les Artefacts sonores de Roxanne Turcotte

Akousma | Duo Audréanne Filion et Myriam Bleau : là où réel et virtuel se confondent

Akousma | Duo Audréanne Filion et Myriam Bleau : là où réel et virtuel se confondent

Akousma | Exzald S, la violence du calme

Akousma | Exzald S, la violence du calme

Mois du Créole 2026 | Richy Jay fait vivre le konpa et le zouk à Montréal

Mois du Créole 2026 | Richy Jay fait vivre le konpa et le zouk à Montréal

OSM | D’un quatuor à l’autre à Bourgie, Debussy révèle toute la complicité des musiciens de l’OSM

OSM | D’un quatuor à l’autre à Bourgie, Debussy révèle toute la complicité des musiciens de l’OSM

Akousma | Melanie Zhou : façonner le son, traduire l’émotion

Akousma | Melanie Zhou : façonner le son, traduire l’émotion

Akousma | Alex Brisson et l’exploration musicale du feedback

Akousma | Alex Brisson et l’exploration musicale du feedback

Caprice au 9e : un agréable essai de rencontre baroque et carnatique

Caprice au 9e : un agréable essai de rencontre baroque et carnatique

Le Vivier | La fièvre (tonitruante) du dimanche soir

Le Vivier | La fièvre (tonitruante) du dimanche soir

Inscrivez-vous à l'infolettre

Inscription
Infolettre

« * » indique les champs nécessaires

Type d'abonné