Pimienta en espagnol signifie poivre. Un nom de famille qui convient plutôt bien à Lido, une chanteuse colombienne qui habite à Londres…en Ontario. Et qui séjourne régulièrement dans son pays d’origine.
La chanteuse « assaisonneuse », originaire de Barranquilla, a remporté le Prix Polaris canadien en 2017. Caribenya est son cinquième opus. À chaque fois, elle utilise des épices différentes. Dans le cas qui nous occupe, Lido Pimienta nous revient avec une album plus dansant et festif, ce qui ne l’empêche en rien de réfléchir et de contester. C’est dans la nature de cette femme libre, d’origine afro-colombienne et autochtone wayuu, qui avoue souvent, dans des entrevues, qu’elle aurait beaucoup plus de succès commercial si elle ne se mêlait pas d’enjeux politiques.
Caribenya, qui est un jeu de mot entre caraïbes et la chanteuse irlandaise Enya, que Pimienta adore écouter et qu’elle envie pour sa grande indépendance par rapport au showbizz.
Cet album offre un contraste saisissant avec le précédent, La Belleza, construit avec un orchestre symphonique, avec l’aide du violoniste canadien Owen Pallett, pour les arrangements. Cette fois, nous replongeons dans la cumbia et d’autres rythmes latins et indigènes, avec des couches d’électro.
À travers ces rythmes, cet album est une ode à la beauté caribéenne, car sa ville d’origine longe la mer des Caraïbes. C’est un disque plus « commercial » qui, toutefois appelle aussi à la réflexion et à la solidarité. Avec Lido Pimienta, il y a toujours des couches de complexité, même dans la fête.
Comme il y a une infinité de variétés de poivres et d’épices qui s’y apparentent.
C’est ce qui fait que Lido Pimienta, qui conçoit aussi des vêtements – regardez la pochette de l’album – et pratique les arts visuels, en plus d’élever trois enfants, est incontournable dans la musique actuelle latina. Et pour la culture musicale actuelle en général.






















