Bénin International Musical a réussi sa pris de contact avec ses premiers fans montréalais aux Nuits d’Afrique. On a pu apprécier la fougue de Brigitte Kiti et de ses collègues- guitare, basse, claviers, percussions. De prime abord, l’instrumentation occidentale nous laisse l’impression de culture instrumentale plutôt que numérique. Les riffs de guitare, les motifs de basse, les harmonies des claviers nous ramènent à des énergies instrumentale et vocale gavanisées par la scène et un public fervent malgré sa petitesse.
Les cycles harmoniques sont absolument béninois, on ressent les vibrations de Kotonou, les figures rythmiques sont travaillées avec rigueur et exécutées avec précision. Les ballades folkloriques sont aussi interprétées avec une grande authenticité, pas la moindre frime ou mauvais emprunt à l’horizon. On a même droit à des airs et rythmes vaudun, ancêtres des formes afro-animistes perpétuées dans les Amériques – vaudou en Haïti, santeria à Cuba, candomblé au Brésil, etc.
Mis sur pied à l’origine par une équipe française venue repérer de nouveaux talents à Kotonou, BIM témoigne de cette relation avec l’équipe française, car cette dernière a incité les artistes béninois à se mettre au rap, à écouter Massive Attack, à fraterniser avec Howie B et autres « classiques » trip-hop, hip-hop, électro, funk ou rock.
Au final, BIM n’hypothèque en rien son identité en acceptant de collaborer pleinement à ces métissages avec la pop de création occidentale, on a ici un parcours très roots qu’on s’applique à électrifier et rendre alléchant à l’échelle planétaire. L’approche n’est certes pas neuve, mais nous en avons récolté une nouvelle saveur, ce mercredi au Théâtre Fairmount.
crédit photo: André Rivard























