Me suis présenté au Balattou lundi pour assister au dernier set, le deuxième de trois en autant de fins de soirées organisées par Wesli Louissaint, à mon sens un des musiciens les plus complets à provenir d’Haïti. Voilà une idée à reprendre : la résidence nocturne devant public!
Non seulement a-t-il appris à maîtriser les rythmes fondamentaux de sa culture, sacrés (vaudous) ou profanes, mais encore connaît-il son folklore rara et les vaksin (trompettes artisanales), connaît à fond le mouvement rasin et bien évidemment l’incontournable konpa sans compter le style troubadour. Toutes ces musiques haïtiennes se fondent aussi dans le reggae, l’afrobeat, le rock, le funk ou le jazz, chaque soirée avec Wesli nous révèle de nouvelles composantes de son art composite.
Lundi, la chanteuse haïtienne Tifane accompagnait Wesli aux devants de la scène, avec un groupe essentiellement haïtien auquel se joint la paire saxo-trompette de ses fidèles complices de souche. Les figures rythmiques imaginées par Wesli ne sont pas que conformes aux coutumes haïtiennes, elles ponctuent ses prestations et sont l’occasion d’exposer des harmonies légèrement complexifiées qui mènent ces musiques à des formes nettement au-dessus de la moyenne pop afro-caribéenne.
Ce qui est fondamental dans les accomplissements de Wesli, c’est le laboratoire ambulant, la recherche continue, le travail infatigable, la mentalité de l’artiste chercheur. Multi-instrumentiste, il excelle à la guitare, mais aussi se défend fort bien aux percussions et s’avère un chanteur redoutable.
Sur le coup de minuit, le feu était pris au Balattou, le plancher de danse était bien plein, cette prestation fut coiffée par l’invitation sur scène de du beatmaker et chanteur konpa Paska, question d’aider les plus jeunes à la propulsion nécessaire à une carrière pérenne et d’aller dormir la tête tranquille.























