Je ne savais pas trop à quoi m’attendre en allant découvrir le groupe franco-sénégalais Guiss Guiss Bou Bess. Composé de trois membres, ce groupe mélange les percussions du Sénégal, notamment le sabar, avec des rythmes électroniques éclectiques.
Mara Seck est chanteur et percussionniste, Assane Samba maitrise le sabar, un tambour traditionnel sénégalais, et ils sont accompagnés par Stéphane Costantini, un beatmaker français. Ensemble, ils créent ce que l’on appelle l’électro-sabar.
Amenés à voyager autour du monde grâce à leur musique, ils ont partagé un morceau né à la suite d’un voyage au Brésil. Mara est également un excellent danseur, il intègre des pas de salsa par moments, quand il n’est pas en train de danser le mbalax.
On a assisté à des moments percussifs durant lesquels les trois membres se mettaient au sabar de manière tout à fait synchronisée, notamment sur la chanson « Tik Tik », qui est aussi le nom de leur plus récent album.
Avec des tenues vestimentaires mêlant vintage et motifs d’inspiration africaine, cela vient rajouter à leur aspect intemporel.
« Nous allons faire un voyage dans le nord du Sénégal », nous annonce Mara avant de poursuivre avec un morceau mettant à l’honneur les femmes.
Assane jouait principalement sur 4 sabars, alors que Mara alternait entre le chant, la danse et les percussions sur 2 autres sabars. Pendant ce temps, Stéphane passait du beatmaking au sabar, venant ainsi rajouter sa couleur à l’ensemble percussif. Le reste du temps, il partait d’instrumentaux qui sortaient de son ordinateur, auxquels il rajoutait des beats à l’aide de son pad beat, intégrant parfois des effets sur la voix de Mara.
Plus la soirée avançait, plus les spectateurs embarquaient dans la danse et c’est surtout durant la deuxième partie du spectacle que le party a pogné. Toute la salle s’est mise à danser et l’a fait jusqu’à la fin du spectacle. Par moment, les bruits d’ambiance contribuaient à l’aspect festif mais rajoutaient aussi un côté mystique au groupe, surtout lorsque la voix de Mara s’apparentait aux chants sanskrits du yoga.
Le public a également servi de chorale puisqu’ils ont embarqué en force sur le morceau « Insh’Allah ». Des amis des musiciens étaient dans la salle et ces derniers ont pu contribuer au succès de la soirée à travers leur danse ou encore leur talent au tama, aussi appelé talking drum, joué par Pape Ndiaye. Ce dernier est resté sur scène jusqu’à la fin du spectacle, le groupe ne voulant pas qu’il quitte la scène.
« Sur le prochain morceau, on va être fous », prévient Mara, « alors soyez fous avec nous » ! En effet, on avait l’impression d’être en transe, transportés vers le Sénégal à travers ses rythmes traditionnels sublimés avec des sonorités électroniques et mystiques.
À la fin du spectacle, je ne pouvais m’empêcher de faire le parallèle avec le spectacle de Soul of Zoo quelques jours plus tôt, qui combine également électro et rythmes traditionnels afros et latins. Guiss Guiss Bou Bess devrait rencontrer Soul of Zoo. Ils auraient sûrement beaucoup de choses à partager.























