Après six jours intenses à sillonner la Place des Arts et les salles de la métropole pour vivre des dizaines de performances, cette 27e édition de MUTEK s’est achevée là où tout a commencé : à la Société des arts technologiques (SAT), sur le boulevard Saint-Laurent. Pour l’ultime chapitre de la série Nocturne, l’institution montréalaise a déployé ses deux étages pour offrir un condensé brillant de la création électronique contemporaine, oscillant avec maîtrise entre écoute contemplative, intimité chaleureuse et dancefloor déchaîné.
Dans l’Espace SAT s’est déroulée l’une des performances les plus attendues de ce dimanche soir, au programme de Nocturne 5 : la première nord-américaine du spectacle audiovisuel réunissant le trio américain Purelink et l’artiste visuelle Mika Oki. Un rendez-vous très attendu sur mon itinéraire, tant le son du groupe de Brooklyn nourrit mes écoutes depuis longtemps.
Installés au centre de la scène, entourés de leurs ordinateurs, synthétiseurs, pédales d’effets et kits de percussions, les musiciens baignaient dans une scénographie lumineuse hypnotique. Les jeux d’éclairage conçus par Mika Oki créaient de magnifiques halos célestes autour des artistes, leur donnant presque l’allure d’anges ou de figures divines émergeant de la brume.
Ça faisait longtemps que je n’avais pas autant apprécié un visuel dans un concert. J’ai trouvé que la synergie entre la musique et l’esthétique de scène ajoutait quelque chose de particulièrement spécial au sein de cette performance. Et aux vues des réactions des autres spectateurs et spectatrices autour de moi, je n’étais pas la seule à le penser.
Musicalement, la prestation a brillé par sa consistance et la douceur de sa progression, sans la moindre rupture agressive. Le trio a tissé une toile hybride d’une grande richesse : nappes ambient, voix féminine éthérée et dispersée dans le mix, motifs répétés à la sensibilité emm, percussions discrètes et incursions new wave/indie.
Les moments forts étaient sans doute au sein de toutes les sublimes notes de guitare jouées en direct, venant apporter une chaleur organique au milieu des textures électroniques. Vers la fin, le set s’est accéléré vers un genre un peu plus downtempo et une dub techno rappelant beaucoup la conception musicale d’un autre artiste que j’apprécie particulièrement, Four Tet. Le public se balançait doucement de gauche à droite, bercé par les micro-modulations constantes de ce live apaisant, d’une rare élégance pour un dimanche soir.






















