Compositeurs, improvisateurs, performers, le Britannique Matthew Herbert et l’Helvète Julian Sartorius ont réuni leurs compétences.
Il y a déjà longtemps, ces deux musiciens sont partis de deux perspectives différentes, l’une électro et l’autre acoustique, l’une avec la tête, l’autre avec le corps. Et puis chacun s’est progressivement intéressé à l’autre monde, des outils d’interrelations se sont développés au fil du tempsavec l’évolution technologique, et voilà que chacun peut aujourd’hui s’investir simultanément dans les deux mondes pour ainsi nous offrir le meilleur des deux.
Plus concrètement, Julian Sartorius produit un rythme que reçoit Matthew Herbert pour ensuite être transformé par ce dernier au moyen de filtres et ajouts instrumentaux, puis rebalancé vers le percussionniste qui joue déjà autre chose.
Le dialogue n’est pas exactement de type appel-réponse ou déclaration-réplique, mais s’avère plutôt un cycle conversationnel sans cesse alimenté par les deux parties impliquées en surimpression.
Sauf quelques épisodes plus aléatoires, le discours rythmique reste simple, binaire, continu. compétent, et c’est la clé pour maintenir l’attention. Ce qu’on construit autour de ces grooves peut sembler quelque peu générique au départ, mais on a tôt fait de passer à un autre niveau de profondeur, grâce au génie conceptuel de Matthew Herbert. Pendant qu’il sculpte les sons en temps réel, devant nous, avec son attirail déjà décrit dans d’autres contenus le concernant, les rythmes deviennent de plus en plus fervents, puissants, enlevés.
Tant et si bien qu’on aura senti la migration du parquet arrière vers le devant de la scène. Le pouvoir du beat combiné à la créativité et l’expérience du live électro, eh bien ça fait des flammèches et le public, peu enclin à aux enjeux conceptuels à cette heure avancée, en redemande … tout en absorbant une proposition substantielle. Que demander de mieux ?























