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La Noce 2026 | Le jour où j’ai découvert Angine de Poitrine

par Fabio Pregnolato

J’ai découvert Angine de Poitrine pour la première fois dans ma cuisine à Belfast, lorsqu’une Québécoise me les a fait découvrir la semaine où ils ont fait sensation sur KEXP.

À la première écoute, j’ai eu du mal à entrer dans leur univers — et en voyant leurs costumes, je les ai tout de suite considérés comme un peu tape-à-l’œil. Et pourtant, me voilà à Chicoutimi, en train de les voir en concert.

Honnêtement, je n’arrivais pas à croire qu’un groupe d’une telle envergure – sans doute l’un des plus grands du moment – soit programmé un jeudi, le tout premier jour du festival, à 19 h 15. Mais apparemment, leur passage avait été prévu à cette heure-là avant qu’ils ne deviennent viraux. Peu importe le jour et l’heure, la foule était plus que prête à les accueillir sous un soleil de plomb à Chicoutimi. Un grand gaillard roux à côté de nous transpirait à grosses gouttes sous la chaleur, essayant de lutter contre celle-ci à l’aide d’un minuscule ventilateur électrique à main. Entre la chaleur et les champignons magiques que nous avions pris, nous ne pouvions pas nous empêcher de glousser en regardant ce géant en sueur avec son ventilateur miniature — et c’est exactement à ce moment-là qu’Angine est monté sur scène.

Impeccablement vêtus de leurs costumes extraterrestres uniques, ils ont commencé à faire résonner et à mettre en boucle leurs microtons. Chaque boucle nous entraînait plus profondément, et c’est là que j’ai pleinement compris l’impact visuel et musical intense qu’ils ont sur un public. Même le caméraman qui courait autour de la scène portait un costume à pois orné de longues mèches blondes — rien sur cette scène n’avait le droit d’être humain.

Dès la première chanson, mes amis m’ont entraînée directement dans un pogo qui m’a donné l’impression que ça pourrait bien être mon dernier. Agrippée à mon sac comme si ma vie en dépendait, je n’avais jamais vu autant de gens tournoyer et courir en rond. Mais l’esprit de communauté était bien réel : chaque fois que quelqu’un tombait, tout le monde l’aidait immédiatement à se relever. C’est toujours magnifique de voir ce genre d’esprit rock’n’roll à l’œuvre.

La foule était complètement en transe, levant les mains en forme de triangle pour soutenir le groupe à la fin de chaque chanson. L’énergie avec laquelle ils jouaient était imparable, et sous ce soleil de plomb, leurs costumes se sont inévitablement salis, laissant apparaître de la peau et révélant qu’il y a bel et bien un peu d’humanité qui se cache là-dessous.

J’étais épuisé et trempé à la fin du concert, mais je me suis senti incroyablement chanceux d’avoir pu voir Angine à La Noce : pas trop de monde, entouré de gens sympas, et dans leur ville natale de Chicoutimi, ce qui a rendu ce moment encore plus spécial.

Photo: Fabio Pregnolato

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