Cela fait dix jours que je suis au Québec, moi qui suis Italien et qui vis désormais à Belfast, et les habitants m’ont déjà bien fait comprendre une vérité incontestable : Groovy Aardvark est une véritable institution ici.
Le public était un mélange intéressant, allant de quelques vétérans aux cheveux gris à des jeunes d’une vingtaine d’années. À un moment donné, j’ai demandé un papier à rouler à un type qui avait l’air d’un motard, entièrement vêtu de cuir épais. Il m’a répondu du tac au tac, en plaisantant sur le fait qu’il était surpris et que je le jugeais sur son apparence — avant d’éclater de rire et de m’en tendre gentiment un.
Pour clôturer l’after-party sur la scène Télé-Québec, Groovy a pris un moment pour saluer quelques visages familiers dans le public avant d’offrir une dernière prestation explosive. Chaque instrument ressortait du mix avec une clarté cristalline et puissante. La voix brute et rauque du chanteur, Vincent Peake, exprimait une rage cathartique.
Il a captivé le public sans effort, prenant même un moment émouvant pour remercier un fan de longue date pour ses 40 ans de soutien fidèle. Peake a déclaré qu’il s’agissait de son deuxième concert de la soirée, donnant ainsi une excuse espiègle à sa voix fatiguée — et peut-être aussi à l’homme au bandana qui chantait en chœur, à demi caché dans l’ombre.
Mention spéciale à la reprise de « Le p’tit bonheur », qui a complètement envoûté un public déjà hypnotisé.
Photo: Max Beaulieu























