Amérique latine

FIJM 2026 | Lila Downs enflamme un MTELUS devenu mexicain 

par Michel Labrecque

Le spectacle n’avait pas encore commencé qu’on entendait des « Viva Mexico » partout dans la grande salle, alors que des spectateurs installaient des drapeaux au bord du balcon. Suivis de « Lila, Lila, Lila! ». L’ambiance était installée et ce n’était qu’un début…

Puis, Lila Downs est arrivée sur scène avec un aréopage de musiciens et danseurs multiples. C’était un « grand débarquement » mexicain et autochtone, autant au niveau visuel qu’auditif. Lila, telle une grande prêtresse, officiait cette grand-messe profane avec une grande assurance. La Mexicaine-Américaine nous a souvent adressé la parole dans un français très correct, bien que la salle était, au moins au deux tiers, mexicaine et latina. Ceci illustre les volontés de la dame d’être inclusive. C’est noble.

Dire que Lila a enflammé le MTELUS n’est pas qu’une métaphore. Lors de la troisième pièce, une vidéo montrait une grande flamme, alors que la douzaine de personnes sur scène célébraient autant en musique qu’en danse. Avec des costumes flamboyants, largement inspirés de l’artisanat autochtone indigène. 

La chanteuse, également anthropologue et artisane, était accompagnée d’un solide groupe qui conjuguait les sonorités mexicaines. Accordéon, cuivres, percussions et guitares. Cumbia, musiques autochtones, norteña et musiques plus contemporaines ont été malaxées, mélangées, métissées, avec comme ancre, la voix profonde et plurielle de Lila Downs.

En plus des morceaux de son récent album, Cambias Mi Mundo, nous avons eu droit à une ode dédiée aux piments mexicains, à une vieille chanson révolutionnaire et à une réflexion sur la relation compliquée entre le Mexique et les déchets.

Il était tout aussi fascinant d’observer les spectateurs et spectatrices que Lila Downs et son ensemble. Ça souriait, ça dansait, ça écoutait. « Ce que fait Lila Downs est vraiment important », m’a confié Adriana, une “Mexicoise”, originaire de Mexico et heureuse de vivre à Montréal depuis six ans. « Elle défend les femmes et les Autochtones, qui sont les plus défavorisés du Mexique », ajoute-t-elle tout en spécifiant que Lila Downs est privilégiée dans ce pays si inégal.

Mais elle utilise ses privilèges pour défendre les pauvres. Ce qui n’est pas mal.

Nous avons aussi eu droit à une avalanche de costumes, incluant aztèques  et indigènes, qui nous faisaient plonger dans la formidable culture métissée de ce grand pays, en particulier de Oaxaca, d’où Lila est originaire. Un magnifique party mexicain surréaliste!

En première partie, la “Mexicoise” Gabriella Olivo, de mère mexicaine et de père québécois, élevée à Québec, nous a donné un avant goût de son album à venir, Reflexiones, qui paraîtra en octobre.

Gabriela poursuit sa démarche d’auteure compositrice qui alterne entre le français et l’espagnol. Une pop synthétique à raffiner. Curieusement, c’est quand elle a chanté des chansons traditionnelles mexicaines qu’elle a été le plus applaudie. C’était le public de Lila Downs.

Un petit impair : alors que Lila Downs, une Mexicaine-Américaine, a très peu utilisé l’anglais dans ses présentations, Gabriella Olivo a opté principalement pour la langue de Trump. Sans doute qu’elle visait le contact avec le public ou la presse anglo-saxonne.

Mais c’était mal avisé. Des gens lui ont crié de parler français. 

Dans sa seule intervention en anglais, Lila Downs a rappelé que l’Amérique n’était pas le nom d’un pays, mais plutôt d’un continent. Plurilingue, ajouterais-je.

Photo: Frédérique Ménard-Aubin

Publicité panam

Tout le contenu 360

L’Ensemble Caprice ouvre la Fête de la musique de Tremblant sur une note éclatante

L’Ensemble Caprice ouvre la Fête de la musique de Tremblant sur une note éclatante

Souk du Sud 2026 | Du erhu à la cumbia, un Souk Pro sous le signe des rencontres

Souk du Sud 2026 | Du erhu à la cumbia, un Souk Pro sous le signe des rencontres

FME 2026 I Max Baby est un elfe indie quelque peu louche…

FME 2026 I Max Baby est un elfe indie quelque peu louche…

FME 2026 | RIZOMAGIC de Bogotá, futurisme tropical et accordage cosmique

FME 2026 | RIZOMAGIC de Bogotá, futurisme tropical et accordage cosmique

FME 2026 I Birds of Prrrey’s , chant des sirènes d’un autre type

FME 2026 I Birds of Prrrey’s , chant des sirènes d’un autre type

FME 2026 I Choses Sauvages, où se trouve l’indomptable

FME 2026 I Choses Sauvages, où se trouve l’indomptable

FME 2026 I Camilla Sparksss nous apporte le bruit sur un plateau d’argent

FME 2026 I Camilla Sparksss nous apporte le bruit sur un plateau d’argent

Jackie Leung – Inside Out : Piano Music by Alvin Singleton

Jackie Leung – Inside Out : Piano Music by Alvin Singleton

UdeM | Rentrée jazz réussie et intrigante

UdeM | Rentrée jazz réussie et intrigante

Piknic Électronik | Bilan de mi-saison, coups de cœur et dates importantes à retenir

Piknic Électronik | Bilan de mi-saison, coups de cœur et dates importantes à retenir

FME 2026: les choix de Philippe Larocque, programmateur au festival

FME 2026: les choix de Philippe Larocque, programmateur au festival

Tönky Hönk – The ËP

Tönky Hönk – The ËP

The Holland Court Jazz Trio – Inverted Tango

The Holland Court Jazz Trio – Inverted Tango

18e saison du Vivier: tendre l’oreille à l’inattendu

18e saison du Vivier: tendre l’oreille à l’inattendu

Eldritch Priest – Too, So Like Nothing

Eldritch Priest – Too, So Like Nothing

Raymond Roussel – No One Asked Us Yet

Raymond Roussel – No One Asked Us Yet

Rite of Strings – Dust and the Moon

Rite of Strings – Dust and the Moon

SMCQ |  Simon Bertrand, 3 ans de direction artistique,   ouverture de la saison, aperçu de M/NM 2027

SMCQ | Simon Bertrand, 3 ans de direction artistique, ouverture de la saison, aperçu de M/NM 2027

Souk du Sud 2026 | Paul Cargnello : deux décennies de musique et d’engagement

Souk du Sud 2026 | Paul Cargnello : deux décennies de musique et d’engagement

Souk du Sud 2026 | Nicolas Lossen : jazz, mémoire et héritages en dialogue

Souk du Sud 2026 | Nicolas Lossen : jazz, mémoire et héritages en dialogue

Souk du Sud 2026 | Emmanuelle Boucher : de La Voix à sa propre voie

Souk du Sud 2026 | Emmanuelle Boucher : de La Voix à sa propre voie

Souk du Sud 2026 | Borduas : de la scène aux coulisses de la culture

Souk du Sud 2026 | Borduas : de la scène aux coulisses de la culture

Jabfung – In Real Life

Jabfung – In Real Life

Stranger Still – We Might Not Tell Everybody This

Stranger Still – We Might Not Tell Everybody This

Inscrivez-vous à l'infolettre

Inscription
Infolettre

« * » indique les champs nécessaires

Type d'abonné