Il y a de ces albums qui vous étonnent agréablement dès la première plage. Surtout quand vous ne saviez pas du tout à quoi vous attendre. the Other, de thèriot (Kyle Saulnier de son nom civil) est de cette catégorie.
La première plage, également la pièce-titre, the Other pt. 1 est lancée dans une atmosphère mystérieuse pendant quelques mesures avant de transiter vers un panorama cinématographique, genre ambiance Dirty Harry smooth, années 1970. Un peu jazz, donc, mais scripté dans une optique de raccord à des images suggestives, assez relaxes, mais ça se termine dans un délicieux délirium qui laisse imaginer une sorte d’émeute bordélique. Ça marche très fort, en ce qui me concerne. Vibraphone, saxo, cordes, un peu de flûte, de trompette, contrebasse-batterie. J’adore.
Ça se poursuit avec the darkest hour, sur un poème éponyme de James Baldwin. Des pizzicatos de cordes construisent une intro en légèreté de caractère, avant d’être rejoint par un flugelhorn brumeux. Un paysage automnal se dévoile graduellement, dans lequel le reste de l’ensemble ajoute ses commentaires réservés. Superbe.
the Sweetest. anime le débat avec des textures et des rythmes enlevants, sur lesquels les cordes et la flûte voltigent virtuellement, alors qu’enchaîne un très court interlude à la contrebasse en forme de variation rêveuse sur The Sound of Silence.
fathers and sons. peint un décor enfumé, genre très slow blues, d’abord à la contrebasse (avec archet) pour ensuite passer le témoin au plus volubile sax baryton (accompagné de cordes frémissantes puis romantiques) avant de terminer avec la trompette. Symboliquement, le père, le fils aîné et le cadet? Possible.
Après un deuxième interlude passablement free, on revient à l’ambiance trame sonore flicaille 1970 avec bonheur, car cette fois rythmiquement plus propulsif (the Other pt. 2) et qui se termine dans une évocation réussie de sirènes polices dans une urbanité excitante.
La finale, I Know the End, se déplace en territoire ballade pop chantée (la seule apparition d’une voix de l’album), dans un conclusion agréable qui s’étoffe passablement à mesure qu’on y progresse. Les arrangements orchestraux sont superbes.
the Other est un album de haute qualité qui construit de superbes décors instrumentaux à la croisée du jazz et de la musique cinématographique.
thèriot. – Contrebasse, saxophone baryton (6)
Nadje Noordhuis – Trompette et bugle
Andrew Gutauskas – Saxophone baryton, clarinette basse et flûte
Brooke Quiggins – Violon
Matthew LaRocca – Alto
Samuel Quiggins – Violoncelle
Jane Boxall – Vibraphone
Michael Chorney – Guitare Électrique & Acoustique
Daniel Ryan – Batterie & Percussions
Francesca Blanchard – Voix (8)






















