Brìghde Chaimbeul (prononcer approximativement Bridja Campbell) est une joueuse de cornemuse écossaise (on peut également dire ‘’sonneuse’’) qui propulse depuis quelques années cet instrument ancestral dans l’univers de la musique contemporaine. Elle se joint ici au saxophoniste, et compositeur montréalais Colin Stetson, un autre as de l’originalité musicale, et un adepte du non conformisme sonore.
Leur rencontre remonte à quelques années avant la sortie de All the Light in the World, dans des collaborations épisodiques dans des projets personnels de l’un et de l’autre. Celle fois, le partage d’inspirations et de visions artistique se fait pour la première fois sur un album complet, et le résultat est excitant.
Les deux artistes créent des panoramas envoûtants, qui palpitent d’une énergie intérieure vitale absolument fascinante. À travers des ostinatos souvent survolés de longues lignes planantes, lyriques, l’effet dramatique est saisissant. Aucun des deux instruments ne se cantonne à un rôle figé. Une fois c’est le saxo qui glisse sur les pulsations de la cornemuse, ailleurs c’est le contraire. Occasionnellement, les deux se lancent dans une course-poursuite d’arpèges virevoltants, ou au contraire se défient pour savoir qui tiendra le plus longtemps sa note soutenue.
Le Minimalisme répétitif de Steve Reich rencontre les Highlands subjuguants et ses paysages saisissants, avec la force expressive du cinéma.
Dans l’entrevue qu’il m’a accordée concernant cet album et son lancement du 11 septembre au Théâtre Outremont, Stetson me disait qu’il avait l’impression de n’avoir qu’effleuré les possibilités musicales de ce pairage saxophone/cornemuse contemporain. Cela me semble très vrai. On attend donc avec beaucoup de hâte un éventuel deuxième opus.






















