Le cadre était des plus bucoliques ce 4 septembre en l’église de Saint-Jovite. Malgré un temps nuageux et une température qui nous rappelle malheureusement que l’été tire tranquillement à sa fin, la musique de Johann Sebastian Bach a réchauffé les âmes au cœur des Laurentides, entre montagnes pour le coup d’envoi de la 26ème édition de la Fête de la musique de Tremblant. « Une fête de toutes les musiques » comme le soulignait sa fondatrice et directrice artistique Angèle Dubeau dans son allocution de bienvenue.
C’est à Matthias Maute et à l’Ensemble Caprice que revenait la tâche d’ouvrir cette célébration musicale. Maute et ces musiciens ont offert un programme centré autour des concertos brandebourgeois de Bach et qui mettait à l’honneur le jeu des différents instrumentistes de manière éloquente, le tout précédé d’une pièce instrumentale, sorte de prélude pour mettre l’oreille en action. Après un Largo sensuel offert par le violon solo Olivier Brault, c’est avec des extraits du Deuxième concerto brandebourgeois que les musiciens se sont exécutés. Chacun des quatre instruments présentés dans cette œuvre (cor, hautbois baroque, violon et flûte) ont été mis en valeur avec des lignes distinctives et caractéristiques. Le ton de ce concerto était festif, langoureux dans le deuxième mouvement avec la flûte et le hautbois qui s’entrelace, soutenu par le continuo et lumineux. Saluons par ailleurs le travail du corniste, qui jouait sur un cor naturel, c’est-à-dire sans piston, ce qui est d’une grande difficulté. L’interprétation subséquente du Quatrième concerto brandebourgeois est venue apporter un changement de ton avec un caractère somptueux, oscillant entre moment élégiaque et plaintif et presque espiègle dans le dernier mouvement. Elle était précédée d’une interprétation par Matthias Maute de la Courante extrait de la Suite pour flûte seul de Bach, extrait qui a été choisi par le public!
Deux moments particulièrement forts ont marqué cette soirée. D’une part, l’interprétation de la fameuse Chaconne en ré mineur, arrangé ici pour deux flûtes et violoncelle, à plonger l’assistance dans une écoute transcendantale et méditative avec des lignes mélodiques qui se complètent avec intelligence.
L’autre moment fut l’interprétation tout à fait virtuose offerte au clavecin par Elizaveta Miller qui s’est emballée dans une tirade au caractère presque jazzé, avec tous les passages chromatiques qu’on pouvait y déceler. Le concert s’est conclu à l’image de la soirée, entre moment d’allégresse et de fête avec le fameux Air sur la corde de sol suivi d’une fanfare festive. Une conclusion appropriée pour lancer les festivités de la longue fin de semaine ici à Tremblant.























