Le duo CordaVox, composé de la soprano Lucie St-Martin et du guitariste Bruno Gauthier-Bellerose, proposait au festivalier de la Fête de la musique une invitation au voyage avec leur concert intitulé Mélodies nomades. À travers des morceaux emblématiques des traditions orales et folkloriques, les deux interprètes viennent tisser un savant mélange entre l’héritage populaire et l’écriture classique, illustrant entre autre comment des compositeurs ont utilisé les mélodies folkloriques et traditionnelles, bien souvent non européennes, dans leur création.
Le voyage commence en Espagne, notamment avec la musique de Joaquin Rodigo que Lucie St-Martin interprète avec mordant et sensualité. Nous remontons par la suite la Méditerranée pour atterrir en Grèce avec les Cinq mélodies populaires grecques de Maurice Ravel. Cycle de mélodies régulièrement joué dans les récitals de chant dans sa version originale avec piano, la proposition artistique qui en fait par la transcription pour guitare confère au texte et a la musique une dimension plus intimiste, voire même plus authentique, quant au contexte d’interprétation et au sujet dont il est question. Les mélodies traçant en filigrane un affect de festivités populaires, la guitare magnifie cette dimension de proximité avec les gens lors de rassemblement et l’aisance qui vient avec le fait d’être accompagné à la guitare.
Le prochain arrêt était proche de nous, puisqu’il s’agissait de mélodies populaires de la Nouvelle-France et du Québec extraits du recueil Le Rossignol y chante dont les pièces ont été colligées par Marius Barbeau. Ici, le duo a opéré le processus inverse de création en apposant leur propre arrangement de ces chants. Notons parmi ces airs, des moins connu comme Le roi des amoureux, et des indémodables comme À la claire fontaine, considéré comme l’hymne officieux de la Nouvelle-France, interprété tout en délicatesse. On ne peut interpréter à la guitare des chants du Québec sans passer par Félix Leclerc. Le père de la chanson québécoise a été honoré avec une interprétation de son Hymne au printemps.
Assurément, l’interprétation la plus originale est venue du Brésil, avec des extraits du, peu connu, oratorio Floresta do Amazonas, dont Lucie St-Martin en a tiré deux chansons pour soprano. À contrario des autres pièces du programme qui emploie du matériel folklorique comme base créative, Villa-Lobos créé ici du matériel original fortement imprégné des racines pour son Brésil natal. La Chanson d’amour qui en a été extraite notamment était d’un naturel dans cet habillage porté par un texte somptueux et lyrique rendu de manière tout aussi éloquente.
crédits photo : Tremblant























