Il y’a un « buzz »en ce moment à propos d’Anyma Ora, de son vrai nom Danyka Sioui. La musicienne Wendat issue de Wendake, en banlieue de Québec, a remporté des prix ROSEQ, Stingray et LOJIQ, en 2025. Elle a beaucoup tourné au Québec ces derniers mois et poursuivra cet automne.
« C’est sûr que de me retrouver sur la grande scène du festival Présence Autochtone est un grand honneur », me dit-elle en entrevue. « Avec ce genre d’événement, dans une grande ville, on sent aussi une ouverture des non-autochtones envers notre culture et c’est génial », ajoute Anyma-Danyka.
Pourtant, sa discographie est minuscule: un EP, Humans, qui date de 2021 et un single de cette année, Fish. Sa musique est plutôt électro-pop, avec des paroles en anglais. Mais c’est quand on la voit sur scène, où elle mélange ces titres avec des chansons traditionnelles wendat, de la danse…et sa voix en direct, qui prend toutes sortes d’inflexions, qu’on réalise qu’Anyma Ora est dotée d’un potentiel fabuleux.
« Pour moi, être autochtone ne signifie en rien qu’il faut faire de la musique traditionnelle », dit cette fille de musiciens qui a grandi en écoutant de la pop et a fait ses études primaire et secondaire en anglais. Son père, Gaétan Sioui, a produit et composé de la musique qui tentait de fusionner la tradition et la modernité, au début des années 2000.
« Il m’a transmis la passion de la musique; quand j’avais 4 ou 5 ans, il me faisait écouter du Pink Floyd à plein volume », raconte Danyka avec une pointe de tristesse, car le paternel est décédé en 2014, à l’âge de 49 ans.
Sur la scène de la Place Des Festivals, on sent toutefois beaucoup de clins d’oeils à la culture autochtone. Et c’est quand elle chante une chanson en langue Wendat, cette langue presque disparue qu’Anyma est en train d’apprendre, sur un fond discret de clavier électro, que son âme et sa voix nous transpercent le plus.
Il faut comprendre que la jeune artiste est toujours en train de définir sa trajectoire. Bien qu’elle chante en anglais, elle s’est adressée la foule uniquement en français, qu’elle parle comme une fille de Québec.
« J’ai commencé à composer une pièce en français, mais c’est totalement différent de ce que je fais en anglais », m’a-t-elle confié.
Anyka Ora entrevoit aussi un projet de disque en langue wendat. « Mais je veux y mettre tout le temps qu’il faut, approfondir ma connaissance de la langue et aller dans les communautés, avant de le faire ».
Entretemps, paraîtra bientôt un deuxième EP, dont Anyma a chanté quelques pièces mercredi soir. De l’électro pop soignée, méditative, une suite logique, mais un brin plus sophistiquée, de Humans.
Par les hasards de la vie, j’étais accompagné d’un jeune britannique, étudiant dans une université américaine, qui visitait Montréal pour la première fois.
« Wow she is really fantastic », m’a-t-il répété à de nombreuses reprises, étant convaincu que c’était une étoile de la musique d’ici.
Ça explique un peu le potentiel dont je vous parle. À suivre…























