Depuis une décennie, Wolf Alice compte parmi les groupes britanniques les plus importants. Leur musique oscille entre rock grunge et incisif, morceaux indie entraînants et rêveurs, et ballades au piano plus lentes et introspectives. Avant la sortie de The Clearing en 2025, le groupe avait déjà trois albums exceptionnels à son actif, chacun surpassant le précédent. C’est donc avec une impatience fébrile que leurs fans, fidèles et dévoués, attendaient la sortie de ce nouvel opus.
Comparé à leur précédent album, Blue Weekend, d’une opulence et d’un glamour absolus, bénéficiant d’une production à gros budget et imprégné d’une véritable magie californienne qui avait permis au groupe britannique de conquérir un nouveau public américain, The Clearing se distingue par une sonorité plus épurée, privilégiant une instrumentation plus organique plutôt que les artifices de post-production. Le groupe a expliqué s’être concentré sur la qualité de l’écriture et la création d’un album facile à jouer en concert, ce qui lui confère une ambiance chaleureuse, vintage et résolument seventies.
Il n’est pas rare de voir des groupes indés adopter un son lounge des années 70 en milieu de carrière. Prenons par exemple l’album Charm de Clairo ou Tranquility Base Hotel & Casino des Arctic Monkeys. On a souvent l’impression qu’il s’agit d’afficher une nouvelle sophistication après avoir été un incontournable de la playlist des adolescentes pendant plusieurs années.
Et c’est la même chose pour Wolf Alice ; si « Don’t Delete The Kisses » et « Bros » sont des hymnes intemporels et nostalgiques qui figurent sur mes playlists depuis mes 15 ans (et y sont toujours), leur nouvel album dégage une maturité qui, je crois, me plaît davantage, mes goûts musicaux ayant évolué. L’album fait preuve d’une grande variété, allant de chansons douces et pétillantes comme « The Sofa » et « Just Two Girls » à des titres véritablement puissants tels que « Bloom Baby Bloom ». On y perçoit également l’influence de leurs racines londoniennes, ce qui contribue au charme du groupe ; des chansons comme « Bread Butter Tea Sugar » et « White Horses » rendent hommage à leur ville natale. À l’instar de Blue Weekend, The Clearing possède aussi une fantaisie très californienne, peut-être grâce aux sonorités à la Fleetwood Mac qui le parsèment. Cela dit, si Blue Weekend évoquait une brise marine rafraîchissante et un mojito au soleil, The Clearing s’apparente davantage à un martini dans un lounge à l’éclairage chaleureux et lumineux. On s’y sent comme dans un salon meublé d’acajou, une cigarette à la main en fin de soirée. C’est un lieu naturellement élégant, intemporel et épuré.























