Femtanyl était sans doute l’un des groupes les plus imprévisibles de l’affiche. À première vue, leur nom évoque immédiatement le fentanyl, ce qui suscite un certain malaise et amène à se demander pourquoi ils auraient choisi une référence aussi lourde pour un projet musical. Mais cette ambiguïté devient presque une porte d’entrée vers leur univers brut, chaotique, mais profondément humain.
Le duo – composé de Juno Callender à la batterie et de Noelle Stockwood au chant – propose une formule étonnamment simple mais extrêmement efficace. La batterie live apporte une énergie physique immédiate, tandis que le chant transperce des textures numériques agressives, saturées et glitchées. Leur son évoque le digital hardcore, mais avec une dimension presque euphorique, comme si la violence sonore devenait aussi un espace de libération émotionnelle.
Il y a une dimension « emo » dans leur performance, au sens le plus sincère du terme : une façon d’aborder des problèmes réels sans chercher à édulcorer l’émotion. Ici, l’esthétique semble émerger directement de l’intensité émotionnelle plutôt que d’une construction artificielle. Le chaos visuel et sonore devient ainsi le prolongement naturel des sentiments exprimés sur scène. Les références aux jeux vidéo, aux interfaces numériques et à l’esthétique glitch jouent un rôle majeur dans cet univers. Dans une interview accordée à BACKLIGHT, Noelle Stockwood évoque un intérêt pour les univers cyberpunk et la musique de jeux vidéo, ce qui transparaît clairement dans la manière dont leurs compositions créent des atmosphères presque interactives.
Au-delà du bruit et de l’intensité, ce qui ressortait le plus, c’était le lien entre le groupe et le public. On sentait clairement que l’accent était mis sur le comportement de la foule, le respect d’autrui et la création d’un espace sûr, malgré l’énergie explosive du concert. Les mouvements de la foule semblaient guidés par les intentions du groupe plutôt que par une agressivité incontrôlée. Cette sensibilité, liée en partie aux discussions sur la neurodiversité au sein de leur communauté, a conféré au concert une atmosphère étonnamment bienveillante. Derrière le chaos numérique, il y avait avant tout une volonté très claire de créer un espace collectif où l’émotion pouvait être pleinement vécue.









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