Récemment, je me suis délecté à l’écoute des enregistrements d’Eric Chenaux. Sa voix de contre-ténor (ou de ténor léger par moments) le mène à interpréter des mélodies haut perchées, très proches de la pop, de la soul ou du jazz, avec des choix harmoniques consonants. L’accompagnement, toutefois, est fort différent de ce à quoi une telle voix et de tels accords nous convient normalement. Les basses sont atypiques, les dissonances volontairement conférées à certains accords, les propositions texturales concourent à une expression sur la clôture entre pop normale et musique expérimentale.
Les filtres analogiques ou numériques juxtaposés à sa guitare produisent des sons fort différents, un peu déglingués, presque caricaturaux, pendant que le collègue Ryan Driver pianote doucement tout en émettant des sons synthétiques singuliers pour la plupart. L’environnement sonore de ces chansons plutôt conventionnelles sur le plan mélodico-harmonique – jazz moderne, soul et pop classiques.
Pour une conclusion de festival, ce n’était peut-être pas le moment de présenter du matériel exclusivement inédit, c’est-à-dire quatre chansons d’une quinzaine de minutes enrobées de longues improvisations effectuées sur de lentes progressions d’accords. J’ai l’intime conviction que ces chansons nouvelles feront leur chemin, mais leur première exécution pouvait laisser perplexe.
Certain.e.s on d’ailleurs décroché de ces « chants d’amour », expression avancée par le directeur artistique du FIMAV (Scott Thomson), sans probablement savoir avec qui ils.elles avaient affaire avant de se pointer à ce concert découverte… pendant que d’autres ont vraiment apprécié et applaudi chaudement.
Pour faire l’unanimité, un autre dosage aurait été à mon sens indiqué, mais bon, je continue de vous recommander chaudement la musique d’Eric Chenaux, créature absolument unique.























