Difficile de dire qui se sentait le plus déplacé lors de la programmation en dents de scie de Palomosa vendredi : le public de Xaviersobased venu voir Poison Girlfriend, ou les fans de Poison Girlfriend qui assistaient à l’incarnation même de l’ironie de la Génération Z se dérouler sous leurs yeux.
Si aucun des deux ne comprenait vraiment, tous deux s’en amusaient. Comptant parmi les plus jeunes rappeurs à s’être fait connaître ces dernières années, le nom de Xaviersobased est devenu synonyme de l’engouement de sa génération pour l’absurde.
Entre les références à Internet, les signes de la main et la sémiotique énigmatique de ses visuels, son set donnait l’impression d’entrer dans le panthéon d’une culture extraterrestre. Alors qu’il courait d’un côté à l’autre, hurlant hors tempo dans son micro autotuné sur des beats rageurs aux basses amplifiées, l’ambiance et la foule de tout le festival ont complètement changé en l’espace de 10 minutes.
Vu de l’extérieur, il peut être difficile de s’habituer au caractère abrasif de sa musique, mais pour ceux qui pogotent, chantent à tue-tête et s’accrochent à chaque parole, on ressent un profond sentiment de cohésion. En tant que célébrité Internet de niche avant tout, voir Xaviersobased en chair et en os doit être l’équivalent d’un grand pèlerinage pour les accros du web.
Au cours de son set d’une heure, il a tout donné et le public a répondu présent. Des circle pits se sont formés, et les spectateurs au premier rang se sont retrouvés écrasés contre les barrières. À la fin de son set, on ressentait non seulement un sentiment de soulagement, mais aussi de satisfaction. Aussi inconfortable et incompréhensible que cela ait pu être, cela m’a donné un immense sentiment d’espoir de voir une nouvelle génération d’artistes créer son propre mouvement.
Après le succès de Nettspend et Shadow Wizard Money Gang l’année dernière, il est logique que Palomosa tire parti de l’effet d’attraction de ces rappeurs promis à un brillant avenir. La programmation de cette année était menée par des artistes tels que Xaviersobased, Lucy Bedroque, Fakemink et Thaiboy Digital. Seul le temps nous dira s’il s’agit d’une tendance passagère ou de l’identité de plus en plus affirmée de ce festival encore récent.























