Le long métrage de Sofia Bohdanowicz Measures for a Funeral arrive comme un chant funèbre joué à l’envers. Pas comme une résurrection, remarquez, mais comme une lente fouille archéologique et archivistique. C’est un film sur la recherche des morts qui devient, par une cruelle alchimie de la forme et du chagrin, une autopsie de la recherche elle-même. Bohdanowicz a élargi son court métrage de 2018 en quelque chose qui semble allongé et approfondi—un trou creusé plus loin dans le sol canadien gelé.
L’histoire commence avec Audrey Benac( Dreagh Campbell), une étudiante diplômée absorbée par la vie de la vraie violoniste classique, Kathleen Parlow. Née en 1890, Kathleen Parlow est devenue l’une des violonistes les plus accomplies du début du XXe siècle, bien que son nom ait largement disparu de la mémoire publique. Son talent extraordinaire lui a valu d’être reconnue comme une virtuose parmi ses contemporains, ses admirateurs la surnommant “La dame à l’arc d’or ».”
Audrey essaie de terminer sa thèse sur Parlow, mais a une mère mourante à la maison. Quoi qu’il en soit, elle suit la vie de Parlow, sanglée avec un violon sur le dos, la conduisant en Angleterre et à Oslo. La partition d’Olivier Alary, qui a travaillé avec des artistes comme Björk et Cat Power, établit immédiatement un ton maussade et inquiétant, utilisant de nombreuses notes répétitives qui augmentent la tension et invoquent une atmosphère d’horreur cachée sous le drame. Ce qui rend la musique si dévastatrice, c’est sa patience. Le film présente un bourdonnement presque thriller de statique fréquemment sur la bande originale, créant une texture auditive qui suggère une décomposition archivistique, le son de l’histoire lui-même se dégradant sur des cylindres de cire et une bande magnétique.
La partition plonge les spectateurs dans le monde de la musique classique, mais elle ne la romantise jamais. Au lieu de cela, il expose la capacité de la musique classique à hanter—comment le son persiste différemment des objets matériels, comment les enregistrements deviennent des conteneurs pour les morts, comment la musique peut être à la fois préservation et malédiction. Audrey et le film lui-même comprennent quelque chose de profond dans le travail d’archives: que l’écoute des enregistrements du défunt est une forme de séance.
Cinéma du Musée / Dimanche 23 novembre / 14 h Mesures Funéraires-présenté en collaboration avec l’Orchestre Métropolitain de Montréal & Q+A avec:
(le producteur Andreas Mendritzki, le compositeur Olivier Alary et le responsable des archives Hourman Behzadi) et des membres de l’OM (la PDG Fabienne Voisin et la Directrice de la Programmation artistique Mathilde Lemieux), animée par la Responsable des Courts Métrages et Programmatrice des Longs Métrages au FNC Émilie Poirier.























