Fort de la réception d’une prestigieuse récompense internationale (le prix de la Fondation Ernst von Siemens pour la musique, d’un montant de 120 000 $ – lire l’entrevue ici) il y a quelques semaines, l’ensemble montréalais No Hay Banda sort un nouvel album consacré à la musique du compositeur Zihua Tan. Lui aussi Montréalais (d’origine malaysienne), son univers est parfaitement adapté à celui des Banda. De la musique contemporaine, de la vraie, bien abstraite et sonore, joyeusement colorée et fébrilement foisonnante.
L’album est formé de deux longues pièces. La première, de 16 minutes, est pour un percussionniste (en l’occurrence l’excellent Noam Bierstone) qui agite une panoplie de gongs amplifiés, d’instruments métalliques divers et de congas avec des techniques étendues. Le résultat est que Remnants present présente un paysage sonore inattendu où rarement un instrument sonne comme on s’attend à ce qu’il le fasse. C’est un peu aussi la méthode habituelle de Tan, qui aime révéler la face cachée de quelque chose. Ici, ces ‘’restants’’ sont comme des ombres fantomatiques projetées, derrières lesquelles nous devinons un autre univers sonore qui attend de se révéler.
La deuxième pièce fait presque 35 minutes et est écrite pour voix (Sarah Albu), violon (Adrianne Munden-Dixon), violoncelle (Audréanne Filion), percussion (encore Noam Bierstone) et ondes martenot (Daniel Áñez). Ici également, les instruments revêtent des atours sonores étrangers à leur nature première, du moins la plupart du temps. Par exemple, les ondes martenot ne bénéficient pas de longues lignes chantantes, mais s’expriment plutôt par notes brèves, hachurées, ou simplement via la résonance du moteur en marche. C’est un paysage surréaliste qui semble se mouvoir à travers des élans et des retraits, des apparitions et des dissolutions en perpétuel déplacement.























