Adrianne Munden-Dixon est une violoniste, improvisatrice et compositrice (en plus d’être instructrice de yoga et ex-surfer compétitive!) qui dynamise la scène de la musique contemporaine savante depuis plusieurs années déjà. Elle déploie sa carrière à Montréal et New York. D’ailleurs, si vous fréquentez la scène de la musique savante et avant-gardiste de Montréal, vous la voyez régulièrement dans des ensembles variés. Vision Mantra est son deuxième album, après Lung en 2023, que nous avions reçu avec beaucoup d’enthousiasme.
LISEZ LA CRITIQUE DE L’ALBUM PRÉCÉDENT DE ADRIANNE MUNDEN-DIXON (LUNG)
Vision Mantra fait figure de suite logique en termes de qualité et d’originalité. Je me permets de citer ici de l’artiste Rosalie Chrétien, qui offre une description assez réussie de l’album :
Vision Mantra est comme la lumière qui perce à travers une fenêtre fracturée après une tempête. La lueur diffuse apaise la tension, tandis que le tonnerre gronde encore au loin. Une véritable catharsis sonore, le jeu d’Adrianne Munden-Dixon est brut et viscéral, évoquant parfois un essaim d’abeilles en colère sur le point d’attaquer, parfois le scintillement de la rosée couvrant un lit de mousse à l’aube.
Je n’ai rien à dire de plus sinon que Munden-Dixon réussit à marier le violon contemporain et l’électro de manière stimulante et surtout non hermétique. Contrairement à plusieurs autres artistes dit d’avant-garde, il n’est pas nécessaire de s’arracher les cheveux pour entrer pleinement dans l’univers expérimental de la Montréalo-New-Yorkaise. Celui-ci exige notre attention, comme toute bonne musique savante et créative doit le faire, mais le plaisir est toujours présent. Le plaisir des textures, des sonorités, des ambiances. La raison est que la musique de Munden-Dixon n’est pas strictement atonale. La violoniste flotte en apesanteur quelque part entre l’abstraction et le lyrisme onirique. Du coup on est à la fois séduit et surpris, apaisé et déstabilisé.
Le traitement numérique est particulièrement réussi, avec des textures sonores remarquablement diversifiées, et pertinentes. Effets de réverbération, glitchs, éclats cristallins qui rappellent du verre qui s’éparpille sur le sol, etc. L’album se décline en six oeuvres commandées à autant d’artistes et pour lesquelles Adrianne Munden-Dixon collabore en oeuvrant à la création des textures électroniques.
Au final, on se retrouve devant une démarche d’exploration qui n’a rien en commun avec la proverbiale tour d’ivoire. Au contraire, Munden-Dixon maintient le dialogue avec nos oreilles, nos esprits et nos émotions avec beaucoup d’attention et d’efficacité.
Vision Mantra est une très grande réussite. Munden-Dixon est tellement bonne qu’on se permet d’être égoïstes et de souhaiter qu’elle devienne 100% montréalaise! Sorry New York, she’s THAT good! Lol.























