Lila Downs est la grosse prise du Festival de Jazz, en ce qui concerne la musique populaire actuelle d’Amérique latine. Elle sera en concert le 25 juin à 20:30 au MTELUS. La chanteuse et anthropologue mexicaine vient de faire paraître un nouvel album, Cambias de mi Mundo, son premier en trois ans.
« C’est un album militant avec une tonalité sensuelle » a-t-elle confié à l’édition latine espagnole du magazine Rolling Stone. Le disque débute sur des rythmes cumbia obsédant sur un texte qui appelle à l’indépendance des femmes, soutenus part la rappeuse Mexicano-Américaine Show The Product.
Le ton est donné, mais la seconde pièce, El Beso, nous amène complètement ailleurs, dans un boléro qui évoque à la fois la douleur et un baiser de la renaissance. Il faut dire que Lila Downs a perdu son conjoint américain, qui est décédé en 2022. Lila Downs est complexe: une indigène mixtèque, née à Oaxaca, qui a vécu longtemps aux États-Unis. Elle milite ouvertement en faveur des droits des peuples autochtones et pour les droits des femmes, tout en mélangeant les genres musicaux.
C’est ainsi que sur Tumba 7, sur des rythmes quasi-arabes, elle évoque l’avenir d’une vieille cité aztèque menacée de disparition. Sur Amo-te, qu’elle partage avec son compatriote Leonel Garcia, elle invite un guitariste portugais de fado à dialoguer avec eux.
Cambias mi Mundo est son onzième album, presqu’entièrement constitué de ses propres compositions, co-produit avec Alex Cuba, le prolifique auteur-compositeur cubain canadien, installé en Colombie-Britannique.
Cette connivence entre deux latinos de différentes origines a atteint la cible: un album pluriel, à la fois introspectif et festif…et aussi militant et libérateur. Cette fichue Amérique latine est si contradictoire: la créativité culturelle et la violence extrême se côtoient. Avec des politicien-ne-s qui frôlent souvent le surréalisme.
Je pressens que la communauté latine sera très présente au MTELUS, avec quelques curieux Kebs comme Bibi.






















