Un bijou d’avant-garde, qui a le potentiel de toucher un public plus large que celui strictement expérimental, tellement la trame construite par Branciforte et Dumoulin est belle, esthétiquement parlant. En vedette : deux Fender Rhodes (un piano électrique, indissociable du son emblématique des Doors, entre autres), et un appareillage contemporain de traitement live du son.
Des bribes et des fragments épars de sons provenant des deux claviers sont tamisés, distillés à travers le filet de la lutherie électronique. Ils sont capturés et relancés dans l’espace sous diverses formes, du granulaire à l’étalement, puis superposés dans des constructions (huit au total) qui convoquent l’esthétique post-glitch et le mouvement post-minimaliste dans un croisement plongent nos oreilles bien caressées dans un bain sonore parfois planant, parfois répétitif et hypnotique, parfois cinématographique.
Au-delà de toutes ces références pointues, il suffit, si vous êtes curieux-euses, de savoir que la volonté finale des deux artistes (l’un états-unien, l’autre belge) est de peindre des tableaux apaisés, beaux et séduisants bien qu’étranges, intimistes et introspectifs.
L’un des plus beaux albums étiquetés ‘’avant-garde’’ que vous puissiez entendre.






















