Une marque rock additionnée de groove musclé est imprimée sur la pièce titre qui lance l’album TERR. Un jazz d’aujourd’hui, organisé dans un programme succinct qui maintient, la plupart du temps, ce genre d’énergie et de tactique expressive. Les ‘’riffs’’ rythmiques sont simples, les mélodies, directes, tout en servant de soutien à un savoir improvisationnel certain. La pianiste Emie R Roussel appose ses réflexions généralement économes sur le discours symbiotique de ses deux amis, Nicolas Bédard à la basse électrique et Dominic Cloutier à la batterie.
Mais, à travers ces assises puisées dans une certaine esthétique pop/rock (TERR), c’est surtout un vaste décor émotif et suggestif d’espaces à la fois visuels et psychologiques, panoramiques et intimistes, que Roussel réussit à peindre (Trois lunes). Ses constructions prennent des tournures parfois cinématographiques (L’écho des brumes), Hancock-iennes (John rêve en noir et blanc), funky teintés d’élans tempétueux à la Rachmaninov (Sous une odeur d’ozone), nostalgiques (Lueur des feuilles oubliées) et quelque chose comme indie-fusion (Klara Färdiga Gå, qui veut dire ‘’À vos marques, prêts, partez ! »). Et ce sans jamais abandonner la pulsation très actuelle.
Un album habile et qui a quelque chose de très addictif.























