João Lenhari est un ami de PANM360. Nous l’interviewons souvent à titre de directeur musical du Big Band de l’Université de Montréal, où il enseigne. Mais le trompettiste « brésicois », brésilien vivant au Québec, mène aussi une carrière comme musicien et compositeur. The Last Minute en est l’incarnation.
Il s’agit de son premier album solo complet, après que João ait accompagné de nombreux musiciens, autant brésiliens que montréalais, sur scène comme sur disque. Et ça sonne plutôt bien, pas du tout comme un album conçu à la dernière minute…
Enregistré presqu’entièrement lors d’une session dans un studio de São Paulo, la métropole économique brésilienne, The Last Minute arbore une sonorité davantage hard bop moderne que brésilienne, bien qu’on y entende également une interprétation de Drip Coffee, une samba jazz de Raphael Ferreira. Et ça jazz fermement, du début à la fin.
The Last Minute commence par Chanson d’Amour, une longue balade de plus de dix minutes, dans laquelle la trompette de Lenhari démarre avec un solo émotif, avant que le reste du groupe ne le joigne. Nous avons ici affaire à d’excellents musiciens et improvisateurs: les brésiliens Vitor Cabral à la batterie, Thiago Alves à la contrebasse, Marcos Romera au piano, Raphael Ferreira au saxophones ténor et soprano, ainsi que le québécois Guillaume Carpentier au sax ténor. Qui s’en donnent à cœur joie sur Chanson d’amour, qui passe d’une balade à un déluge de notes improvisées, avant de revenir au calme.
On trouve cinq pièces dans cet opus, dont trois compositions de João Lenhari. The Last Minute ne réinvente pas le jazz, mais il nous livre une musique de très haut calibre, avec des solos inventifs et des harmonies audacieuses.
João signe ici un excellent premier album. La bonne nouvelle est que ce projet sera suivi d’un autre: un album en duo avec le brillant pianiste Manoel Vieira, également brésilien et professeur à la Faculté de musique de l’Université de Montréal.
Je vous le dis: l’avenir du jazz montréalais sera « brésicois »! Du moins en partie.
Toute cette effervescence discographique n’empêchera pas le sympathique musicien de reprendre la direction du Big Band d’étudiants, que PANM360 continuera de suivre.






















